Procrastinateurs, à vos claviers!
Posted by Frederick J.Fortin on septembre 9th, 2008
Pour ceux et celles qui croient que bientôt, le commerce électronique touchera tous les secteurs de l’économie, réveillez-vous, il est déjà très présent et beaucoup plus que vous pouvez le penser. En fait, une simple recherche à la bibliothèque nous informe que depuis déjà plus de dix ans, des ouvrages sont publiés chaque année sur le sujet. La réponse à la question qui suit déclenchera donc, je l’espère, un sentiment d’urgence que vous vous donnerez comme devoir de répandre parmi toutes vos connaissances.
Quand, comment et pour obtenir quels bénéfices le commerce électronique touchera-t-il tous les secteurs et tous les agents de l’économie ?
Quand? Aujourd’hui. Je pourrais présenter tous les chiffres que nous connaissons déjà sur l’évolution du commerce électronique, chose certaine, ils confirment tous d’année en année que le commerce électronique a déjà pris une place importante dans une très grande partie de l’économie. De plus, les prévisions nous indiquent que ce n’est que la pointe de l’iceberg.
En outre, si l’on considère la classification de l’économie en trois secteurs (Clark, 1940), une analyse rapide de ceux-ci nous amène à réaliser que le commerce électronique touche déjà plusieurs industries de chaque secteur de l’économie, que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieure1. Question de mesurer l’ampleur qu’a pris le commerce électronique, voici quelques exemples de facilitateurs et d’entreprises qui font présentement du commerce électronique un avantage concurrentiel incontournable dans leur industrie.
Secteur primaire : les activités liées à l’exploitation de ressources naturelles
Par exemple, dans l’industrie des matériaux, on pense à www.woodnet.co.nz qui s’affaire à offrir des services en ligne et hors ligne qui facilitent les échanges entre les différents agents qui opèrent dans le commerce du bois. Dans l’industrie de l’énergie, on pense tout de suite à Hydro-Québec qui utilise des progiciels l’épaulant autant dans la gestion de sa demande que dans la gestion de ses centrales. Enfin, un exemple de facilitateur qui se concentre dans l’industrie des aliments : www.farms.com qui, chaque jour, offre informations pertinentes, services novateurs et support technologique adaptés à près de 25 000 professionnels de son industrie. Et oui, les fermiers sont aussi de la partie!
Secteur secondaire : les activités liées à la transformation des matières premières
Dans ce secteur, les exemples deviennent plus évidents. Dans l’industrie manufacturière, par exemple, des entreprises telles qu’Alcan, Magna International, Noranda, Ford, GM, DaimlerChrysler, Stelco et Dofasco ont fait des échanges de données informatisées (EDI) une norme courante avec leurs fournisseurs et clients. Il est indéniable qu’ils profitent tous de l’avancée de la technologie.
Secteur tertiaire : le secteur qui produit des services, essentiellement immatériel
Pour ce secteur qui touche plus concrètement le consommateur moyen, les exemples abondent, mais attardons-nous aux industries qui sont les plus touchées par le commerce électronique. Entre autre, l’industrie du transport nous a dernièrement démontré avec l’informatisation du processus de paiement de la Société de Transport de Montréal (STM) que cette industrie est plus que jamais, portée vers la chose. Pour sa part, l’industrie de l’assurance automobile voit certains de ses acteurs comme Belair Direct permettre à ses clients potentiels, par un système reposant sur l’échange de données informatisées, de profiter d’une comparaison de prix à même le processus d’achat. Notons également Multi-Prêts qui offre un service semblable dans le domaine de l’assurance. Enfin, mentionnons l’industrie du divertissement pour laquelle la liste des entreprises touchées par le commerce électronique est sans fin. On a qu’à penser à tous les grands studios d’Hollywood qui se doivent d’offrir intelligemment leur contenu en ligne s’ils désirent enrayer le piratage et conserver leur position. Les grandes maisons de disques ont pour leur part mal saisi l’ampleur du commerce électronique le voyant davantage comme une menace à freiner qu’une occasion à saisir. Disons que l’alarme est sonnée et que l’inaction est tout sauf la solution.
Comment? Obligatoirement. Forcément. A la lumière des précédents exemples, on réalise rapidement que même les agents qui n’ont toujours pas intégré le commerce électronique à leur façon de commercer sont, malgré leur inaction, touchés par celui-ci et ce, par le seul fait que leurs fournisseurs, clients et compétiteurs ont déjà embrassé ce bouleversement l’analysant davantage comme une opportunité qu’une menace pour la survie de leur entreprise.
Pour obtenir quels bénéfices? D’innombrables. Pour les procrastinateurs qui se demandent encore pourquoi le commerce électronique a pris tant d’ampleur ces dix dernières années, voici un extrait qui vous intéressera indubitablement:
<< Web transaction costs are as much as 50-99 percent less than conventional transaction costs2. >>
Et si les bénéfices qu’apporte le commerce électronique étaient encore plus importants que la seule diminution des coûts de transaction? Si je vous informais qu’il permet aux petites et moyennes entreprises (PME) comme aux grandes de développer une clientèle mondiale, de maximiser les contacts pertinents avec cette clientèle (marketing de recherche (SEO), marketing interactif) et de la fidéliser (GRC ou CRM), seriez-vous surpris? Et si, le commerce électronique vous ouvrait la porte vers des relations aussi efficaces qu’efficientes avec vos fournisseurs et vos partenaires? Et bien, ces bénéfices ne sont que le début de ce que peut apporter le commerce électronique à une entreprise.
Allez, à vos claviers, il n’y a plus de temps à perdre !
Références :
1- Clark, C. (1940), Conditions of Economic Progress, McMillan and Co, London.
2- OECD, The Social and Economic Implications of Electronic Commerce (1998), p.63.
3- BRYNJOLFSSON, Erik, Understanding the digital economy : data, tools, and research, Cambridge, Mass. MIT Press (2000).
4- KORPER, Stefano, The E-commerce book: building the E-empire, San Diego : Academic Press (2001).







