Amis « exhibitionnistes » et « voyeurs » à vos claviers !
Posted by Mehdi jakani on novembre 23rd, 2007
Bien que le titre de cette brève soit un tantinet provocant et exagéré, il reflète bien l’exagération de la théorie d’anticipation du parallèle entre l’éclatement de la bulle Internet et du crash économique des dotcoms en 2000 qui s’en est suivi et le Web 2.0 aujourd’hui avec la participation de Microsoft dans Facebook.
Tout d’abord expliquons pourquoi le concept de Facebook fonctionne bien et attire les masses: 200 000 nouveaux utilisateurs à chaque mois avec un total de 47 millions d’utilisateurs.
Facebook répond à un besoin actuel de divertissement et d’implication bien connu des médias traditionnels avec l’avenue et la persistance des concepts à la Big Brother ou à Loft Story qui remportent un succès indéniable auprès du grand public depuis 10 ans maintenant. De ces mêmes principes, Facebook propose alors de manière plutôt habile une nouvelle forme d’exhibitionnisme (afficher ses préférences, ses goûts et histoires personnelles), de voyeurisme (voir les photos des autres et leurs histoires personnelles, parfois intimes) et de narcissisme avec en prime une interaction sociale produisant un feed-back quasi-instantané des proches, des amis et des personnes que l’on estime.
Comment veut-on qu’un concept comme Facebook ne séduise pas les internautes lorsqu’il propose de faire partie du système, d’être un acteur du Web à l’image de la téléréalité, soit un vent de fraîcheur sur la toile qui fut pour longtemps statique. Facebook, avec toutes ses fonctionnalités meilleures que ses concurrents (Myspace, Bebo, Hi5, Orkut etc.), ouvre la voie à ce que l’on pourrait appeler la Web-réalité.
D’un point de vue marketing, pourquoi ne pas investir dans un medium qui permet enfin d’atteindre le nirvana des marketeurs, la communication one-to-one vraiment personnalisée? Avec les réseaux sociaux sur le Web, il est enfin possible de savoir à qui l’on parle réellement et donc d’optimiser le message selon la personne qui le recevra.
C’est bien ce qu’ont compris les grands joueurs du Web comme Google, Yahoo, et Microsoft en multipliant les offres d’achat et de participation dans Facebook. Microsoft fut récemment le vainqueur de cette bataille de chiffres et de dollars au prix de 240 millions pour une participation à l’exploitation publicitaire à l’ordre de 1.6%.
Ce chiffre parait exorbitant et a beaucoup fait parler les journalistes du domaine. Par contre, il ne faudrait pas selon moi s’attarder sur ces chiffres à l’instant présent mais plutôt de les mettre en perspectives. Facebook est le premier « laboratoire » doté d’installations intéressantes pour la R&D et l’étude du comportement des internautes dans un contexte à forte interaction sociale et de libre circulation d’informations personnelles. Selon moi, nous pouvons faire confiance à Microsoft dans le sens où le prix payé demeure en soit un investissement bien étudié (décisions sans aucun doute prises par de grands financiers avec l’appuie des stratèges du Web consultés à cet effet par Microsoft). Certes, si l’on projette la valeur de cet investissement à la valeur totale de Facebook, le résultat risque de faire perdre connaissance à bon nombre d’entre nous, mais ce chiffre n’aura de valeur que si les responsables savent comment s’y prendre pour atteindre ce potentiel économique. Pour le moment, les informations à ce sujet ne filtrent pas et seul l’avenir nous le dira.
Pour sa part, Microsoft à fait un bon first « move » comme en 2000 lorsque sous un pari improbable, il investi et étonne le juteux marché des consoles de jeux vidéos avec sa Xbox. Cette dernière avait su tenir tête à la PlayStation 2 de Sony et le GameCube de Nintendo pour finir en 2007 première du palmarès des ventes de consoles avec la Xbox360 détrônant alors la PlayStation 3 et la Wii de Nintendo. De la même veine, Microsoft a investit l’année dernière le marché des baladeurs Mp3 avec le Zune à capacité d’interaction sociale via Bluetooth et WiFi. Il est aujourd’hui classé deuxième des ventes aux États-Unis juste derrière l’infatigable Ipod d’Apple. Également, Internet Explorer détrôna Netscape à une époque…
Finalement, nous pouvons supposer que Microsoft sait exactement ce qu’il fait de ses millions.
De plus, il n’y a pas de bulle 2.0 à éclater, puisqu’un seul site, Facebook, suscite un tel engouement où une seule entreprise s’est engagée. Comment peut-on comparer ce cas à la période où la sphère financière avait pris le virage du Web finissant par menacer toute l’industrie du Web jusqu’à l’éclatement de la bulle ?
Aujourd’hui, la prudence est quand même de mise : le ROI est potentiellement mesurable (CPM, CTR et CPA) comparativement aux erreurs du passé. Ce qui est sain, est que la concurrence commence à s’organiser (Google avec Open Social) ce qui vient équilibrer le marché des réseaux sociaux et lui donner plus de crédibilité.
Il est vrai que certains sites 2.0 comme Youtube éprouvent des difficultés à être rentables pour cause d’un modèle d’affaire publicitaire inadapté aux besoins et comportements de leurs utilisateurs, mais il ne faut pas oublier que de nombreux site 2.0 tels qu’Ebay ou Amazon sont rentables ou sont sur le chemin de la rentabilité.
Finalement, je suis d’avis qu’il faut bien commencer quelque part à l’image un peu naïve du premier Home Sapiens à avoir investit tout son temps et énergie (tout ce dont il avait à l’époque en plus de son intelligence) à frotter deux bouts de bois ensemble jusqu’à créer le feu, qui depuis ce jour à permis au progrès de l’humanité d’évoluer de manière exponentielle jusqu’au Web 2.0.







