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Économie Numérique - HEC Montréal

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  • Krach des dotcoms…

    Posted by Mehdi Lamani on novembre 23rd, 2007

    « Lorsque la vitesse d’évolution du marché dépasse celle de l’organisation, la fin est proche ».
    Jack Welch

    Pour faire un parallèle entre le krach des dotcoms et la participation de Microsoft dans Facebook, il est important de bien comprendre le mécanisme derrière la bulle des dotcoms qui causa le krach de 2000. La célèbre bulle des dotcoms commença tout doucement en 1995 lorsqu’Internet fut commercialisé. L’engouement, qui suivit la commercialisation de cette technologie, s’explique en premier lieu par la nouveauté de ce produit qui ne permettait pas au marché boursier d’avoir des analystes ayant les connaissances et outils nécessaires pour faire de bonnes évaluations. Il faut également noter que l’arrivée de cet outil qu’est l’Internet a créé une nouvelle mentalité économique. En effet, le principe de profit n’était plus si important, car tout le potentiel se trouvait dans la croissance même si cela supposait des pertes. En outre, l’Internet semblait être capable d’effacer les frontières et par conséquent permettre l’accès a un marché global où tout le monde pouvait se faire une place.
    L’objectif des dotcoms était d’attirer le plus grand nombre d’internautes afin de se créer une base de visiteurs assez importante pour avoir un monopole dans leur sous-secteur et ainsi ils pourraient engendrer des revenus dans un futur plus ou moins lointain. Le modèle de ces entreprises était donc erroné, car il supposait que plus le réseau de clients ou d’internautes était grand plus la valeur de la compagnie serait grande. C’est pourquoi, afin d’attirer le plus grand nombre de visiteurs possibles, les compagnies dotcoms offraient des services gratuits (email, chatrooms) et investissaient dans de massives campagnes publicitaires surtout lors de grands événements tels que le Super Bowl croyant ainsi qu’elles se créaient une image solide auprès du public.

    La croissance de cette bulle spéculative s’explique également par le contexte économique. A la fin des années 90, les États-Unis ont connu une baisse importante des taux d’intérêt. Cette baisse des taux favorisa l’emprunt excessif des start-ups, car le financement semblait très abordable. Notons qu’il s’agit du même phénomène qu’a connu le secteur immobilier aux États-Unis en 2004. L’emprunt était d’autant plus facile que les compagnies n’avaient pas réellement besoin de présenter un modèle de gestion, car les analystes de crédit qui faisait face à cette nouvelle économie ne savaient pas quels outils d évaluations traditionnelles employer et ils se fiaient donc plus a leur intuition. Nous ne pouvons pas non plus négliger le rôle des spéculateurs, qui observant dès 1995 que les dotcoms connaissaient une certaine popularité sur le marche, ont décidé de prendre des positions en spéculant sur les futurs cash-flows et par conséquent sans jamais évaluer la valeur réelle de la compagnie et qui ont donc favorisé la surévaluation des dotcoms. Enfin, l’éclatement de la bulle spéculative a eu des impacts importants. En effet, beaucoup de personnes se sont retrouvées sans emploi, les banques ont fait beaucoup de pertes et beaucoup de dotcoms ont disparu. Mais l’impact de cette bulle fut surtout la disparition du mythe de la nouvelle économie et elle a donc eu pour conséquence un retour aux valeurs économiques traditionnelles et une plus grande prudence de la part des investisseurs.

    Si nous comparons l’économie actuelle avec l’économie de la fin des années 90, nous pouvons constater qu’elle présente quelques différences. Actuellement le marché américain souffre de l’endettement des consommateurs suite à la bulle immobilière. L’économie est aussi un peu plus lente et la hausse du prix de pétrole a également eu des impacts négatifs sur l’économie. Le contexte n’est donc pas vraiment favorable à une nouvelle euphorie des dotcoms. La deuxième différence notable est que les start-ups dans les années 90 n’avaient pas de modèle d’entreprises alors qu’aujourd’hui les entreprises de ce secteur sont rentables et elles ont donc un modèle de gestion qu’elles appliquent convenablement. La bulle économique des dotcoms avait énormément de joueurs qui espéraient avoir des gains potentiels futurs alors qu’aujourd’hui nous sommes en présence d’un nombre limité de joueurs qui font du profit.

    En réalité, nous assistons surtout à un phénomène de fusions et acquisitions qui a normalement lieu lorsque de grandes entreprises d’une certaine industrie observent le prix de leurs actions n’évolue plus aussi rapidement qu’avant. Aussi, afin de satisfaire leurs actionnaires, elles vont donc aller chercher des partenariats avec des entreprises en croissance dans des sous-secteurs où elles n’ont pas réussi à s’établir. Or, depuis le krach des dotcoms, les sous-secteurs qui semblent avoir connu la plus forte croissance sont ceux des réseaux sociaux (Facebook, MySpace) et le sous-secteur des médias (YouTube). C’est donc surement pour cette raison que des grands comme Google n’arrivent pas réellement à s’établir dans ces sous-secteurs. Prenant l’exemple de Google Video qui n’a pas réellement connu le succès escompté. C’est pour cela que Google désinvestit dans la compagnie qui connait une importante croissance à savoir Youtube. Elle peut ainsi accroitre sa part de marché, faire plus de bénéfices et ainsi satisfaire ces actionnaires. Puisque le milieu est très compétitif et que les compagnies en forte croissance ne sont pas nombreuses, les entreprises essaient de faire des partenariats le plus rapidement possible ce qui résulte en une hausse des enchères. En effet, la compagnie cible (celle qui se fait acheter) se trouve dans la position avantageuse de choisir l’entreprise acheteuse. Plus le nombre d’acheteurs est grand, plus le prix d’achat proposé sera élevé. Dans le cas de Facebook, Google et Microsoft étaient en opposition et comme il s’agit de gros joueurs cela peut expliquer le prix élevé auquel Microsoft à acheter le partenariat.

    Il est toutefois reconnu dans le monde de la finance que beaucoup de fusions/acquisition se soldent souvent par un échec. Il peut donc s’avérer que dans le contexte économique actuel, le choix de rentrer dans une fusion/acquisition est un mauvais choix d’investissement. Si toutes ces opérations de partenariats que connait le secteur s’avèrent être un échec cela aurait comme conséquences une baisse du pris de l’action, une déception des investisseurs, un ralentissement des fusions/acquisitions et un ralentissement de l’industrie, mais il est fort peu probable que cela débouche sur un deuxième krach boursier.

    En conclusion, la course aux nouvelles parts de marchés est peut-être un peu trop fiévreuse étant donné le contexte économique actuel. Mais le krach, de 2000, a permis aux investisseurs de prendre conscience des défis et des réalités auxquels les dotcoms font face. Le mythe d’une économie nouvelle et d’un marché pour tous a disparu en même temps beaucoup de dotcoms. Il ne reste à présent qu’un petit nombre de joueurs qui se battent pour avoir la plus grande part du marché. Nous sommes donc revenus à notre économie traditionnelle et la naissance d’une nouvelle bulle des dotcoms semble peu probable.

    Sources :

    http://www.lib.latrobe.edu.au/AHR/archive/Issue-September-2002/lovink.html
    http://argus-acia.com/strange_connections/strange009.html
    http://www.internet-story.com/dotcom.htm
    http://globaltechforum.eiu.com/index.asp?categoryid=&channelid=&doc_id=8873&layout=rich_story&search=slows
    http://www.nytimes.com/2007/10/25/technology/25facebook.html?em&ex=1193457600&en=d15d3d14d3d6ac68&ei=5087%0A
    Terminal Bloomberg : salle des marchés HEC
    Cours de conjoncture : 3-803-07
    Cours de négociation en salle des marchés : 3-298-98

    Mehdi Lamani

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