Les standards numériques
Posted by Vincent Payette on décembre 9th, 2007
Dans le domaine numérique, l’arrivée des standards dans les processus, les langages, les protocoles, et autres est venu changer une dynamique qui était présente à l’époque. Prenons l’exemple du HTML pour lequel, durant la guerre Netscape / Internet Explorer, chacune des compagnies rivales créaient des balises propriétaire pour se différencier et être le seul à savoir les lire… Jusqu’à ce que l’autre compagnie les intègrent dans sa prochaine version, et ainsi de suite. Cette manière de faire les choses pénalisait les consommateurs qui se retrouvaient à devoir se munir des deux plateformes pour accéder correctement à tout le contenu qu’avait à offrir le Web.
La donne as été changée avec la venue d’organismes de standardisation neutre qui définissent les processus et la spécification des langages; le HTML est du HTML et un navigateur doit comprendre ce HTML standard. Cette dynamique rend le choix d’un navigateur ou un autre une question de goût, de performance ou de n’importe quel autre critère qu’on retrouve normalement dans un marché concurrentiel.
On peut comparer la situation initiale comme avoir à choisir entre une radio achetée en Europe et une achetée en Amérique; le voltage fait en sorte qu’on est forcé de choisir celle qui va fonctionner. Maintenant, avec une standardisation, on a le choix de choisir la radio qu’on aime pour ces caractéristiques, plutôt que par obligation et manque de choix.
Un autre aspect très avantageux sur le jeu concurrentiel est que maintenant, les entreprises concurrente doivent orienter leur R&D vers le perfectionnement de leurs produits plutôt que vers l’invention de nouvelles techniques de « locking ». Certaines compagnies ont la tête dure et nous pouvons encore retrouver des traces très évidentes de cette guerre qui ne veut pas s’éteindre.
À un niveau un peu plus loin des consommateurs mais non moins important, l’avènement des standards comme le XML et SOAP rend beaucoup plus simple le transfert de donnée et permet donc de changer de fournisseur d’information, par exemple, si on trouve de meilleures conditions ailleurs. Puisque tous « parlent le même langage », la concurrence là aussi se fait sur les performances ou sur le prix ou quoi que ce soit mais pas sur l’obligation de rester avec un fournisseur ou un autre par le poids du coût du changement (adaptation aux nouvelles façons de faire, etc.)
En fait, dans un monde où tout est standardisé, c’est une énorme barrière à l’entrée qui saute et l’intensité concurrentielle s’en trouve augmentée. D’un autre côté, la pression venant du pouvoir de négociation des fournisseurs baisse, de même que celle qu’ils exercent sur les clients puisqu’il n’y a plus d’effet de « locking ». La saine compétition qui s’en suit apporte de grands développements dans le domaine ce qui est toujours profitable aux consommateurs et à l’industrie dans son ensemble.







