Mesurer l’économie numérique ? Quel intérêt ? Pour qui ? Dans quel but ? Comment effectuer habilement cette mesure ?
Posted by SimonEthier on novembre 24th, 2007
La mesure de l’économie numérique s’avère un exercice nécessaire d’abord pour les organisations et les investisseurs, afin de guider leurs investissements. En effet, sans savoir quelle proportion d’une population est disposée à utiliser les outils technologiques pour subvenir à leurs besoins, il serait impossible d’allouer efficacement des ressources à cette branche de l’économie (pensons au marketing en ligne entre autres).
Il est possible d’en dire autant à propos de l’investissement gouvernemental. S’il est vrai que l’utilisation d’internet ne supplantera jamais totalement les médias en place auparavant, ce mode de communication est, à plusieurs égards, économique pour le gouvernement qui y fait appel. La mesure de l’économie numérique permettra d’évaluer en quoi un État encourage économiquement le recours à cette façon de faire. Par exemple, l’État peut-il assumer que tous les citoyens ont un accès à internet (pour éventuellement offrir des services exclusivement de cette façon)?
Chez tous les acteurs, la question de la rupture digitale («digital divide» en anglais) demeure une préoccupation importante : l’entreprise peut-elle s’appuyer uniquement sur le commerce électronique? À partir de quel moment peut-on, ou doit-on économiquement devenir une entreprise tout à fait digitale? L’économie numérique favorise-t-elle spécialement ou uniquement les entreprises du secteur tertiaire, surtout celles pouvant livrer un produit ou service par voir digitale? Un intérêt important de l’économie numérique est de répondre à ces questions et d’évaluer notre niveau de dépendance par rapport aux outils, fournisseurs et technologies électroniques, et, idéalement lesquels (internet sur ordinateur/sur mobile, lignes filées/sans fil, etc.).
La mesure efficace du commerce électronique se bute d’abord aux limites nationales. S’il est possible facilement de faire du commerce international par internet, la conservation des traces de ces échanges, et leur diffusion à des organismes statistiques n’est pas aussi aisé. La mesure gouvernementale, se basant sur les résultats déclarés au fisc, s’avèrera, à cet effet, probablement la plus fiable en comparaison aux études statistiques indépendantes, se basant sur des échantillons très modestes en regard des populations. Par contre, l’économie numérique occasionnant sur une très grande réduction des coûts (par l’utilisation d’une communication plus efficace), sa place est potentiellement sous-évaluée, si l’on observe les investissements (plus faciles à mesurer) plutôt que l’efficience, sur laquelle des données manquent. La valeur des services mis de l’avant par des guichets automatiques, par exemple, est très mal comptabilisée si on la compare à la valeur du service au comptoir pour une banque.
Au même moment, les changements technologiques rapides, et l’évolution de la classification des secteurs d’activité permettent difficilement un suivi soutenu sur plusieurs années.
Sources :
Carsten Fink, Charles J Kenny. W(h)ither the digital divide? Info : the Journal of Policy, Regulation and Strategy for Telecommunications, Information and Media. Bradford: 2003. Vol. 5, no. 6; page 15, 10 pages.
John Haltiwanger, Ron S. Jarmin, Measuring the Digital Economy, http://mitpress.mit.edu/books/0262523302/UDE/haltiwanger.pdf, page visitée le 13 octobre 2007.
_, Measuring and Sustaining the New Economy: Report of a Workshop (2002)
Board on Science, Technology, and Economic Policy, pages 44-47, 283 pages.







