Facebook bloqué par la Grande Muraille de Chine

Au début du mois de décembre, Mark Zuckerberg annonçait à ses membres que le réseau Facebook comptait plus de 350 millions d’utilisateurs. Bien que ce nombre soit inégalé dans tout autre réseau social, Facebook tente toujours d’améliorer ses statistiques. Alors que l’on compte des taux de pénétration incroyable de 83 % auprès des internautes canadiens, l’impact du réseau est loin d’être équivalent partout. En effet, Facebook n’a toujours pas réussi à percer dans des populations énormes comme l’Amérique du Sud ou l’Asie. Étant donné leur culture forte différente de celle des Nord-Américains et des Européens, Facebook doit s’adapter graduellement s’il veut être numéro un dans tous les pays. Grâce aux récents progrès en Amérique du Sud, certains bloggeurs prédisaient en novembre dernier que Facebook pourrait ravir la position de pôle d’Orkut dès 2010. Pour ce qui est de l’Asie, plus particulièrement la Chine, au lieu de progresser, on est témoin de la situation inverse. Bien que le taux de pénétration initiale de moins de 1 % (1 million d’utilisateurs actifs au début de juillet 2009 sur les 338 millions d’internautes) soit grandement causé par la différence de culture, la régression a été causée par le gouvernement chinois.

En effet, en raison du contrôle que la Chine désire posséder sur toutes les informations qui circulent dans son pays, elle a décidé de bloquer toutes tentatives d’accès effectuées par ses citoyens vers le site de réseau Facebook en juillet dernier. Les réseaux sociaux permettant à ses membres de communiquer entre eux facilement et en temps réel, les informations d’intérêt public se propagent à une vitesse incroyable entre les membres d’une communauté. Facebook a d’ailleurs été bloqué initialement pour éviter que plus de citoyens de la région d’Urumqi se joignent à une émeute qui aurait causé plus de 156 morts.

Résultat : Facebook perd la moitié de ses utilisateurs dans le mois qui suit, et il est fort peu probable de voir ce nombre augmenter considérablement dans les années à venir. Étant donné que le gouvernement chinois possède un contrôle total sur toute l’infrastructure du réseau internet dans son pays, contrairement aux pays comme le Canada où l’infrastructure du réseau est opérée par des entreprises privées, l’état est donc en mesure de filtrer toutes les requêtes effectuées par les internautes chinois et de bloquer toutes celles provenant de Facebook. Il est tellement facile pour le gouvernement chinois de contrôler l’accès à l’internet que les internautes chinois qui désiraient utiliser Facebook doivent utiliser des réseaux virtuels privés (VPN) payant, ce qui met une barrière énorme à l’entrée des utilisateurs potentiels.

En bloquant Facebook, en plus de limiter la liberté d’expression, le gouvernement chinois s’assure que ses citoyens utiliseront les réseaux sociaux chinois comme Xiaonei, de manière à avoir accès directement à toutes les informations personnelles sur ses membres, ce qui peut être très pratique pour la sécurité nationale comme l’indique Youssef dans son billet sur « Les gouvernements à l’assaut des réseaux sociaux ».

Comment réagira Facebook face à ce problème ? Facebook aimerait bien mettre la main sur cette masse potentielle incroyable d’utilisateurs, surtout que l’Asie est le marché le plus lucratif des biens virtuels. La compagnie de recherche +8* (Plus Eight Star) dévoilait en avril dernier que le marché des biens virtuels asiatique atteignait 25 milliards de dollars, soit 25 fois plus que le marché américain. En plus de la masse d’utilisateurs à atteindre, étant donné que Facebook réalise une partie de ses revenues à l’aide des cadeaux virtuels, pénétrer ce marché de biens virtuels serait une occasion incroyable de finalement réaliser des profits…mais à quel prix ?

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