Allons-nous vers la “Presse sans presses”* ?

Zarko Drincic - Yesterday news

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Nul ne doute que la Presse écrite fait partie des industries qui ont souffert du développement de l’Internet. Les derniers chiffres font état de baisse généralisée que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe . La nouvelle réalité est que le consommateur n’est pas prêt à payer pour une information qu’il peut l’avoir gratuitement sur Internet. Dans son article « Baisse des prix grâce à Internet », Steven Soranno, analyste chez crédit-suisse, mentionne que tous les biens numérisables ont connu une baisse des prix. Il utilise le terme « déflation numérique ». Il explique que la production de biens numérisables tels que les journaux est effectuée avec un coût marginal presque nul. Donc, c’est normal que le consommateur se tourne vers les média en ligne. Les annonceurs, dans ce cas, ne font que suivre sa migration. Les journaux se trouvent ainsi dépossédés d’une bonne partie de leurs revenus publicitaires.

Mais pourquoi les annonceurs ont facilement eu tendance à renoncer aux insertions publicitaires dans les journaux ?

La réponse nous la trouvons dans un extrait du chapitre II du livre « La fin des journaux et l’avenir de l’information » écrit par Bernard Poulet, journaliste français. Pour lui, les annonceurs font face à une multiplication des nouveaux supports, entre autre l’Internet et qui sont plus efficaces en terme de retour sur investissement que les journaux.

Une des solutions qui se présentait aux éditeurs de presse est de devenir des entreprises brick and click et de s’associer avec Google afin de récupérer une partie des revenues perdues.

Mais Google ne s’arrête pas là. Avec l’introduction de publicités dans son produit Google news, il veut grignoter davantage dans les revenus publicitaires des journaux tel qu’annoncé dans son News Blog. Ceci a déplu aux principaux éditeurs de presse américains. C’est pourquoi, Google a décidé d’y partager les revenus publicitaires dans son nouveau service Fastflip.

A terme, l’internaute n’a plus besoin d’éditeurs, il a juste besoin de contenu pertinent et de la plate-forme de Google. Jeff Jarvis, professeur de journalisme interactif  à l’Université de la ville de NewYorK, l’explique bien dans son post «Google as the new pressroom».

D’un autre coté, les éditeurs de presse connaissent une concurrence de plus en plus accrue des journalistes autonomes et des blogueurs. Ces derniers ont proliféré profitant de la baisse des coûts de sites Web et surtout des plates-formes de blogues. Et là encore, nous trouvons Google à travers l’acquisition de Blogger, se met au premier rang pour capter davantage  de la valeur.

Les journalistes/blogueurs peuvent diffuser leurs articles directement sur Internet. De plus, à travers le service Google Adsense, ils ont la possibilité de monétiser leur contenu. Donc, encore une fois Google devient un acteur majeur dans le changement des mécanismes qui régissent la relation entre les éditeurs et les journalistes. Ce modèle d’affaires basé sur les annonces contextuelles fait perdre le contrôle que possédaient les éditeurs dans le choix des annonceurs et dans la fixation des tarifs sur leur support papier. Sur Internet, ils n’ont aucune emprise la-dessus. C’est Google qui prend la plus grosse part des revenus et leur déverse une partie minime.

Pour conclure, je trouve que les industriels de la Presse écrite ont pris du retard avant de se lancer sur le Web. D’autres acteurs beaucoup plus dynamiques, en l’occurrence Google, ont su développer un modèle d’affaire plus efficace et ainsi capter de la valeur qu’il arrive à monétiser énormément.

* Expression empruntée du blogue du même nom « Presse sans presses »

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