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Économie Numérique - HEC Montréal

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  • Commencerait-on à se méfier de Google ?

    Posted by Marie-Elodie Molle on septembre 30th, 2008

    Alors qu’à l’époque de son lancement les intentions de Google qui paraissait noble – organiser l’information mondiale et la rendre accessible au plus grand nombre – la perception du public à l’égard de la marque s’est érodée au fur et à mesure des années. Rares sont les gens qui considèrent encore que Google comme une entreprise altruiste, en voici les trois principales causes :

    Un géant parmi les géants ?

    Depuis sa création en 1998, Google n’a cessé de voir augmenter ses parts de marché (elle possède actuellement plus de 50% du marché de la recherche en ligne), de diversifier son offre et de voir son chiffre d’affaires augmenter.  Avec un profit net de 4,2 milliard de $ en 2007, Google est tout simplement passé dans le camp des géants dont il faut se méfier.

    La première illustration de ce fait est l’envahissement de Google dans la vie de tous les jours à travers sa multitude de services  qui couvrent de plus en plus de parties du secteur de l’information: les télécoms (Google G1 lancé cette semaine), la navigation internet (Chrome lancé au début du mois de Septembre), la bureautique (suite Google Documents), la publicité (Adwords et Adsenses)…

    La seconde illustration est la levée de boucliers qu’a suscité l’alliance de Google et Yahoo, et qui, à l’heure où j’écris ces lignes, est encore examinée par les autorités américaines afin de déterminer si elle ne va pas à l’encontre des lois antitrusts américaines. Google ayant elle-même déclaré qu’elle ne tirerait que très peu de bénéfices financiers de cette alliance, il est facile de tirer la conclusion qu’elle a pour principal objectif de contrer le rachat de Yahoo par Microsoft… Une bataille de pouvoir à l’échelle des géants, dont les clients de Google ne tirent aucun bénéfice.

    Une morale pas si irréprochable que ça?

    Alors que les grandes entreprises américaines disposent de politiques corporatives de plusieurs pages, Google a depuis le départ résumé la sienne en une phrase : Don’t be evil.  Cette politique a largement été remise en cause ces dernières années.

    En 2008, alors que les yeux du monde entier étaient tournés vers la Chine à l’occasion des Jeux Olympiques de Pekin,, Google n’a pu passer à travers les foudres de ses détracteurs : sa version de son moteur Chinois - lancée en 2006 - respecte les législations Chinoises, elle joue donc le jeu de la censure. Google serait donc une entreprise comme les autres, qui ne peut résister à la tentation du marché chinois, à n’importe quelle condition.

    Une intrusion dans la vie privée ?

    Organiser l’information mondiale implique (forcément) gérer l’information récoltée concernant, et  l’image du Big Brother est de plus en plus associée à Google.

    Le premier exemple constitue Google Account : lancé pour « simplifier » l’ enregistrement à ses services, Google Account vous propose de vous enregistrer une fois pour toutes. A chaque nouvelle inscription à un service, il suffit donc d’autoriser Google à utiliser ces informations personnelles. Ce qui en arrive à autoriser Google à suivre et enregistrer nos comportements sur ses services à l’infini. Une levée de boucliers a d’ailleurs eu lieu lors du lancement du navigateur Chrome de Google : il apparaît clairement qu’autoriser Google à suivre tous nos comportements sur le web et de les recouper avec nos comportements sur les autres services de Google lui donne un outil de plus pour améliorer son unique source de revenus – Google Adwords.

    Enfin, le dernier exemple de l’érosion de la perception de Google concernant le respect de la vie privée se trouve dans la politique de vie privée de Google elle-même : celle de Chrome à son lancement autorisait Google à conserver les informations personnelles à vie. Plusieurs changements à cette politique ont depuis été apportés pour satisfaire les exigences juridiques des pays européens (les pays d’Europe ayant des lois de respect de la vie privée beaucoup strictes que les pays d’Amérique du Nord – Exception faite de l’état de la Californie). Une bataille se déroule encore actuellement en Europe concernant la durée de conservation des informations personnelles : les études faites démontrent que les clients de Google ne peuvent en aucun cas tirer parti de la conservation de leur données personnelles pendant 18 mois, et que 6 mois suffiraient.

    Google: ange ou démon ? Une affaire à suivre donc…

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    Sources

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