Un pour tous et tous pour Google.
Posted by Frederick J.Fortin on septembre 30th, 2008
Si Google est si profitable et adulée aujourd’hui c’est qu’elle a su capitaliser sur l’expertise qu’elle s’est forgée tout en gardant les besoins de l’internaute comme ceux des entreprises au centre de sa raison d’être et de son modèle d’affaires. [1]
Elle a commencé par gagner le cœur des internautes par sa volonté de rendre Internet accessible tout en repoussant ses limites jours après jours.
Du même coup, elle s’est alliée aux entreprises en leur proposant une façon performante et mesurable de communiquer efficacement avec une clientèle potentielle sans précédent. [1]
Et voilà maintenant qu’elle s’efforce de repenser la façon de se comporter face aux consommateurs en faisant tout en son pouvoir pour leurs rendre disponible les meilleurs produits et services qui soient. Pour se faire, elle n’hésite pas à multiplier les partenariats interentreprises ou à solliciter l’aide de ses usagers. [1]
C’est parce que la croissance de Google est stratégique, convergente et repose sur la force du nombre que l’entreprise ne prendra pas une place dans le monde physique. [2]
Convergente, parce que Google est pleinement consciente de ses forces et qu’elle s’affère davantage à maximiser son modèle d’affaires existant qu’à percer des industries dans lesquelles elle n’a pas d’expérience et où les risques sont importants.
On a qu’à penser au partenariat que l’entreprise a conclu avec Liberty Global et HSBC dans le but d’offrir un accès internet haute vitesse aux trois milliards d’internautes potentiels [3] qui n’ont toujours pas accès à Internet. Notons aussi, plus récemment, le lancement du système d’exploitation Androïd qui permet maintenant d’avoir accès en tout temps et rapidement aux services que l’entreprise offre. [4] Le tout par simple bonté? Indéniablement pour augmenter le trafic sur ses propriétés virtuelles et ainsi maximiser son modèle d’affaires.
Stratégique, parce qu’elle évite le risque inutile. Pourquoi transformer de potentiels partenaires très expérimentés en concurrents? En se lançant dans le monde physique, Google n’aurait d’autres choix que de promouvoir ses produits au détriment de produits concurrents. Ce qui amènerait un clivage entre différentes entreprises qui, au lieu de se disputer des parts de marchés, pourraient travailler ensemble à livrer un produit de qualité supérieure.
Les exemples sont nombreux, soulignons entre autres le partenariat avec HTC [5], le premier fabriquant de téléphones portables à utiliser la plateforme Androïd ainsi que Motorola qui mise clairement sur le dit système pour relancer ses ventes. [6] Gageons, que ce n’est qu’un début. Enfin, laissez-moi ajouter que le dit système d’exploitation donne un accès direct à l’Amazon MP3 Store tout en laissant la possibilité à l’usager d’écouter tous les formats de piste sonore, du mp3 en passant par le format protégé d’Apple. [7]
La force du nombre comme vecteur de croissance parce que le monde virtuel profite d’un avantage qui ne trouve aucun égal dans le monde physique, celui de la force du nombre, de la puissance d’une communauté collaborative. C’est avec l’idée de capitaliser sur celle-ci que Google donne toute la liberté voulue aux acteurs de la toile pour qu’ils mettent à profit leur savoir au bénéfice de tous et chacun.
Par exemple, je porte à notre attention l’aspect Open Source du système d’exploitation Androïd ainsi que la volonté de Google d’encourager le développement d’applications pour celui-ci. [8] Et ce, c’est sans compter l’acquisition de YouTube en 2006, un précurseur dans l’utilisation de la communauté collaborative pour créer de la valeur. [9]
Finalement, Google a tout avantage à assurer une synergie dans son offre de services en s’alliant aux plus grands de chaque discipline lui assurant ainsi une cohérence avec son modèle d’affaires. A cet égard, il serait bien moins étonnant de voir Google se lancer dans l’industrie du jeu vidéo [10] ou du commerce de la musique en ligne [11] que dans le monde physique où les possibilités de synergie avec son modèle d’affaires sont beaucoup moins évidentes.
Référence:
[1] Bala Lyer & Thomas H. Davenport, Reverse Engineering Google’s Innovation Machine, Harvard Business Review, April 2008.
[2]Ici, par prendre une place dans le monde physique, on entend prendre une place importante dans la commercialisation de produits qui s’intègreront aux modèles d’affaires et qui pourrait représenter un pourcentage non négligeable du chiffre d’affaires de l’entreprise. C’est pourquoi le serveur Google mini et encore moins les articles promotionnels que l’entreprise propose n’ont été qualifiés de présence dans le monde physique.
[3] Google-Funded Satellites Promise Internet Access for All http://www.ecommercetimes.com/story/64442.html]
[4] Google bets on mobile market [http://news.zdnet.com/2100-1035_22-157851.html]
[5] http://www.htc.com/www/product/g1/overview.html
[6] Could Android Grease Motorola’s Wheels? [http://www.linuxinsider.com/story/64648.html]
[7] Nothing changes: SlotMusic, MySpace, and Android/Amazon [http://news.cnet.com/8301-13526_3-10054171-27.html]
[8] Android - An Open Handset Alliance Project [http://code.google.com/android/adc.html]
[9] Google to Acquire YouTube for $1.65 Billion in Stock [http://www.google.com/press/pressrel/google_youtube.html]
[10] http://www.ecommercetimes.com/story/64532.html
[11] AndroidTunes? Amazon launching a mobile music/movie store for Google’s platform [http://venturebeat.com/2008/09/22/androidtunes-amazon-launching-a-mobile-musicmovie-store-for-googles-platform/]







