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Économie Numérique - HEC Montréal

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  • L’industrie des livres

    Posted by Mauricio Prieto on novembre 8th, 2007

    Note sectorielle : L’industrie des livres

    Maîtrise en commerce électronique

    Présenté par l’équipe: Alexandre Guimond, Bocar Sissoko, Mauricio Prieto, Xi Ning ZHU

    1. La taille du marché de l’industrie des livres

    Selon 2002 NAICS Definitions (U.S. Census Bureau, 2003), ce que nous appelons l’industrie des livres se réfère à 511,130 Book Publishers: «This industry comprises establishments known as book publishers. Establishments in this industry carry out design, editing, and marketing activities necessary for producing and distributing books. These establishments may publish books in print, electronic, or audio form ». *Pour l’index des entrées correspondantes, voir l’Annexe 1

    1.1 Industrie du livre au niveau mondial

     Figure 1 - CLASSEMENT 2007 Les grands de l’édition mondiale

    Figure 1 - CLASSEMENT 2007 Les grands de l’édition mondiale

    Source: classement 2007

    Selon les données du classement 2007 (Livres Hebdo, 2007) de la figure 1, les premiers quarante-cinq grands groupes éditoriaux cumulent au total un chiffre d’affaires de 51,1 milliards d’euros en 2006, dont près de 2/3 sont réalisés par les dix premiers. Selon  International Publishers Association, le chiffre d’affaires de l’industrie de l’édition au niveau mondial remonte à 56 milliards d’euros en 2006. Ce qui implique que l’industrie de l’édition est déjà devenue une sorte de monopole, qui se renforce de plus en plus durant la dernière décennie. D’un autre côté, sa taille ne se compare pas à la valeur des productions, ni à la rentabilité d’autres industries comme celles des technologies de l’information, de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie automobile. Le chiffre d’affaires de Microsoft était de 25,76 milliards d’euros en 2005 alors que celui de TOYOTA s’élevaient jusqu’à 125,3 milliards d’euros, c’est-à-dire le double de ceux de l’industrie des livres à l’échelle mondiale; quant à elle, l’entreprise britannique GlaxoSmithKline acquit un chiffre d’affaires de 34,336 milliards d’euros en 2006. Bien entendu, nous nous intéressont seulement à l’industrie d’édition traditionnelle (incluant une partie de l’édition numérique). Nos statistiques n’incluent pas les ventes des journaux, de périodiques, de magazines et de musique.     Les trois premiers du classement 2007 sont dans l’ordre, Reed Elsevier (numéro un de l’édition mondiale grâce à ses positions dans l’édition professionnelle – sicence, médecine, droit, gestion), Pearson (premier éditeur scolaire mondial) et Thomson (édition professionnelle dans les domaines du droit, de la fiscalité, de la comptabilité, des finances, de la recherche scientifique et de la santé), parmi lesquels deux se focalisent sur le domaine de l’édition traditionnelle et un seul groupe sur l’éducation et le domaine de l’édition généraliste.  

    1.2 Ration de l’industrie des livres dans le PIB canadien

    Au Canada, l’industrie du livre fait partie des industries principales du droit d’auteur. Celles-ci représentent 3,3 % de l’économie canadienne, comparativement à 1,2 % pour les industries périphériques du droit d’auteur. Il s’agit d’une économie de près de 35 millions de dollars (Patrimoine canadien, 2007).  

    Figure 2 - PIB des industries du droit d’auteur par rapport aux autres industries canadiennes (2004 –en millions $)

    figure2.jpg

    Également, l’industrie du livre concerne 20% de l’industrie de l’édition du Canada, talonnant de près l’industrie des périodiques (Vézina et al, 2003).

    Figure 3 – Pourcentage de l’industrie des livres dans l’industrie de l’édition au Canada

    N = 7241 toutes catégories confondues (2000) 

    figure3.jpg

    Source: Statistique Canada (2000) et Industrie Canada (2003)

    1.3 Ration des industries principales du droit d’auteur dans le PIB américain

    Selon IIPA’s New Economic Study Reveals the Copyright Industries Remain a Driving Force in the U.S. Economy de IIPA, nous savons que « the “core” copyright industries were responsible for 12.96% of the growth achieved in 2005 for the U.S. economy as a whole. For the first time, this report includes estimates of the annual contributions made by the copyright industries to real growth experienced by the U.S. economy. This means that the growth contributed by these core industries (12.96%) was almost double their current dollar share of GDP (6.56%) » (Eric et al, 2007) 

    Figure 4 – PIB: Industries principales du droit d’auteur

    figure4.jpg

    2. Analyse de la concurrence dans l’industrie des livres

    Pour faciliter la discussion, nous extrayons de l’Annexe 1 « Corresponding Index Entries » les « Professional book publishers » et « School book publishers », les autres étant désignés tous sous le nom collectif d’industries communes. Cette segmentation structurelle souligne leurs différences aux fins d’analyses.

    Tableau 1 – Description comparée des différents modèles de revenus de l’industrie

     

    Seuils d’investissement Risques d’investissement Rentabilité Délai de récupération
    Professional book publishers Moyens Moyens Appréciable Moyen
    School book publishers Élevés Élevés Appréciable Long
    Industries communes Bas Bas Mauvaise Court

    Selon les groupes du classement 2007, l’édition traditionnelle est encore le modèle le plus important. À titre indicatif, pendant que le chiffre d’affaires de Bertelsmann s’élève à 19,3 milliards d’euros en 2006, la part de l’édition n’est que de 4,612 milliards d’euros. Egmont, basé au Danemark, bénéficie d’un chiffre d’affaires annuel de 1,236 milliards d’euros, parmi lesquels 0,2 milliards sont de l’édition des livres. À l’heure actuelle, les groupes d’édition au niveau mondial s’estiment comme des fournisseurs de contenu, de services informationnels et de solutions professionnelles. Même lorsqu’ils sont encadrés dans l’édition traditionnelle, ce qui se démarque n’est plus l’édition. Par conséquent, les organes d’édition traditionnelle, que ce soit sur le plan de leur positionnement, de leurs idées ou de leurs structures d’entreprises, sont en constante évolution.

    2.1 Évaluation des forces de l’industrie du livre

    En 2006, L’industrie d’édition mondiale se distingue autant par l’ajustement de leurs stratégies que de leurs structures. Centrées sur les capitaux et les technologies, s’appuyant sur la fusion et la recomposition comme librairie, beaucoup d’entreprises éditrices se sont métamorphosées ou commencent à subir l’influence de la numérisation. Certaine en profitent pour augmenter leur rentabilité et leurs ventes. En janvier 2006, Hachette a fait l’acquisition de Time Warner inc. au prix de 537 millions de dollars et a entrepris la segmentation et la recomposition afin de s’emparer surtout des marchés britannique et américain. C’est ainsi que la part de marché de Hachette dans ces deux pays s’est élargie considérablement. En octobre, Thomson a annoncé son ajustement stratégique en vendant ses publications scolaires et en éliminant différents autres composants, dans le but d’étendre son commerce et sa spécialisation, tels que les marchés du droit, des sciences, de la santé et des finances. En 2006 toujours, le chiffre des ventes de Bertelsmann ainsi que ses profits ont connu une hausse historique qui bénéficie directement de l’intégration et de la recomposition des livres de poche de Random House avec les entreprises secondaires comme l’acquisition de BBC par Random House. Cela permet entre autre au club de livres appartenant à Bertelsmann de retrouver un peu d’espoir. En effet, le club affice pour la première fois une rentabilité appréciable en 2006. Son succès est redevable non seulement à une rigoureuse gestion durable des coûts de production, mais aussi à la fusion et recomposition avec d’autres clubs locaux ou nationaux. De la même manière, John Wiley & Sons, inc. a fait l’acquisition de la majorité des actions de Blackwell Book Services au prix de 1,1 milliards d’euros. C’était avant tout pour intégrer et renforcer sa propre compétitivité dans l’édition STM. Après intégration, Wiley – Blackwell publie annuellement 1250 types de périodiques, entraînant une augmentation fulgurante du chiffre d’affaires réalisé dans l’édition numérique. De son côté, Simon & Schuster, inc. prévoit numériser 130 000 livres pour 2007. La maison d’édition souhaite réaliser la numérisation d’une majorité de livres réimprimés au milieu de l’année 2008. Aussi, HarperCollins a introduit NewsStand.Inc en 2006 qui se centre expressément sur l’édition numérique. Présentement, cet organe de production dispose de 20 000 types de livres réimprimés, et planifie une augmentation annuelle de 3 500 livres nouveaux. Toutes ces fusions, recompositions et ajustements ont pour but commun de distinguer ses propres forces, d’augmenter sa compétitivité et d’agrandir sa part de marché. Ils veulent promouvoir le développement de nouvelles industries et, naturellement, réaliser davantage de profits.

        En 2006, le marché financier était en pleine ébullition justement grâce à ces capitaux dynamiques. Toutefois, les droits de contrôle des grandes entreprises d’édition multinationales sont toujours sous la main des familles fondatrices telles que Thomson, Bertelsmann, Hachette, Holtzbrinck et Planeta. La numérisation ne les empêche donc pas de rester des entreprises familiales.

    2.2 Segmentation du marché de l’industrie des livres

    En 2006, lors d’un forum internation de l’édition se déroulant à Beijing, Jane Friedman, P.D.G. de HarperCollins Publishers Worldwide, a déclaré que: «  Quoique le nombre de lecture de la population soit en augmentation constante, le taux de lecture des jeunes se maintient dans une baisse continuelle. Ces statistiques ont été établies en 2002. Si les renseignements s’avèrent exacts, dans un groupe d’âge de 18 à 24 ans, ce nombre s’est diminué de 94.8% à 24.8% de 1992 à 2002. Comment expliquer cette perte de consommateurs? Nous découvrons qu’ils ont tous acquis de l’information sur le Web ou par des intermédiaires de plus en plus nombreux, ils s’accoutument de plus en plus à lire sur Internet. Aux États-Unis, 14 000 000 d’internautes recherchent par Internet et le total annuel s’élève à une fréquence de 500 000 fois qui persistent encore dans une augmentation constante. Les consommateurs peuvent ainsi acquérir de l’information sur le Web et dès lors, abandonnent les livres imprimés » (Friedman, 2006) (Voir figure 5).

    Figure 5 - Fluctuations du taux de lecture des Américains de 18 à 24 ans

    figure5.jpg 

    2.3 Différenciation des produits de l’industrie des livres

    La cyberédition implique la transmission par réseau des informations, des connaissances, des concepts et des contenus sous forme de textes, d’images ou de codes. La bibliothèque nationale du Canada la classifie selon quatre variables : les publications ouvertes, commerciales, non commerciales et propriétaires (Voir figure 6).

    Figure 6 - Types d’édition électronique

     figure6.jpg

    Source: Bibliothèque et Archives Canada (2001) Attendu que la classification de la bibliothèque nationale du Canada date de 2001, il est judicieux d’y ajouter le fameux Blog (abrégé de weblog), en vogue ces dernières années. Cette forme d’édition interactive et populaire représente bien l’esprit du Web 2.0. À part les blogs personnalisés, les réseaux de blogs, la recherche de blogs et les groupes de blogs affluent également. En fusionnant la réalité et la fiction sur la base de la communication personnalisée et en y joignant le contenu des communications organisationnelles, la publication de blogs est en train de s’initier à de nouvelles applications de l’Internet.La cyberédition pourrait aussi se regrouper suivant les contenus, les fonctions, et les applications en cyberéditions académiques, cyberéditions éducatives, cyberéditions artistiques, cyberéditions ludiques et cyberéditions audio-visuelles. Dans l’optique de la gestion professionnelle et des statistiques industrielles, les nouvelles et les publicités en ligne ne sont pas considérées comme faisant partie de la cyberédition. 

    3. Modèle de revenu de l’industrie des livres

    Sur le marché des produits traditionnels, les activités de marketing d’une entreprise se dirigent généralement autour des quatre facteurs : produits, prix, place et promotion. Les entreprises les combinent suivant les circonstances pour former des stratégies de marketing diversifiées.

    3.1 Chaîne de valeur de l’industrie des livres traditionnelle

    La chaîne de valeur de l’industrie des livres traditionnelle est illustrée de cette manière: 

    Figure 7 – Chaîne de valeur dans l’industrie des livres

    figure7.jpg

    3.2 Présentation des dimensions et du modèle de la cyberédition

    ● Dimensions de la cyberéditionChoi et ses collègues ont élaboré un modèle pour expliquer les éventuelles combinaisons tridimensionnelles des produits de leur concrétisation à leur numérisation. Les secteurs commerciaux et les dimensions correspondantes sont illustrés dans le diagramme suivant :

    Figure 8 – Les dimensions du commerce électronique

    figure8.jpg

    Source: Page 18, Economics of Electronic Commerce (Choi et al. 1977) La cyberédition concrétise les connaissances intangibles en des produits facilement vendables, c’est un modèle allant du savoir au produit, un commerce électronique pur numérisé en trois dimensions dont le secteur commercial et l’organisation correspondants sont: organisation virtuelle du commerce électronique pur. Ce modèle a l’avantage de:

    ● Offrir des services informationnels complets

    ● Offrir des services personnalisés et caractéristiques

    ● Offre un coût moins élevé, une économie d’échelle.

    3.3 Les stratégies de produit de l’industrie des livres

    Les stratégies de produit occupent une place dominante dans les stratégies mixtes du marketing. Il est donc indispensable de bien comprendre le coût des publications de la cyberédition.     

    Selon la théorie de l’économie de l’information (Shapiro et al, 1999), la production d’une information engendre un coût fixe élevé mais un coût marginal très bas. Ainsi, s’il s’avère nécessaire de fixer le prix par rapport à la valeur accordée par la clientèle plutôt que le coût de production, cette fixation du prix basée sur la valeur entraîne inévitablement une différenciation de prix.

    Les biens informationnels publiés sous forme numérique illustrent merveilleusement ce problème du coût de reproduction. Les coûts des publications de la cyberédition peuvent s’expliquer de la manière suivante :

    · Coût de production élevé, coût de reproduction bas

    · Coût de la préservation bas

    · Coût de distribution variable mais beaucoup plus avantageux que dans le modèle traditionnel

    De plus, les caractéristiques du coût des biens informationnels démontrent qu’il est impossible de disposer d’un marché de concurrence exclusive. Sur le marché de la cyberédition, seules deux structures durables coexistent :

    · Les entreprises dirigeantes peuvent jouir des avantages de prix contre peu de concurrence et occupe une position de leadership financier par l’intermédiaire de son économie de grande échelle.

    · Sur le marché de différenciation des produits, il y a une série de compagnies produisant des biens informationnels identiques qui diffèrent de par leurs contenus spécifiques. Ces compagnies peuvent se différencier de leurs concurrents en augmentant la valeur de leurs publications. 

    Considérant les caractéristiques des biens informationnels ci-dessus analysées, il est possible d’employer les stratégies suivantes :

    · Innovation constante des produits informationnels

    · Personnalisation· Stratégies de différenciation des produits 

    3.4 Stratégies de fixation du prix dans l’industrie des livres

    La différenciation du prix maximise la valeur de la cyberédition :· La personnalisation des biens informationnels maximise la valeur créée pour la clientèle;· Un mécanisme de fixation du prix permet de tirer un maximum de profit de cette valeur maximisée :

     -           Stratégie de courant principalIl s’agit d’une forme de marketing ayant pour objectif d’obtenir la plus grande part au marché en donnant ou en vendant les produits au rabais.

    -           Stratégie de différenciation du prix  Il s’agit de fixer deux prix différents ou plus pour un même produit.

    3.5 Stratégies de promotion dans l’industrie des livres

    Dans cette industrie, la promotion consiste à transmettre des renseignements relatifs à ses produits, à ses lecteurs ou à ses utilisateurs potentiels pour les intéresser à les acheter. L’environnement du réseau offre aux éditeurs de belles opportunités pour renforcer leur communication avec les utilisateurs. Il est possible d’’utiliser les technologies multimédia pour exposer les fonctions de nouveaux produits et permettre aux internautes de les essayer en ligne ou encore de comprendre davantage les besoins toujours renouvelés des lecteurs volatiles. En intégrant l’ajustement des produits informationnels, un éditeur peut réaliser les stratégies de promotion suivante :

    · L’organisation d’expositions ou des conférences pour communiquer des renseignements sur le vif aux utilisateurs potentiels.

    ·  Application de nombreuses formes de promotion du marketing

        (1)   La structure du coût particulière aux biens informationnels permet aux maisons d’édition de les délivrer gratuitement pour leur utilisation; 

        (2)   La virtualité des biens informationnels facilite leur reproduction et leur diffusion. On peut offrir des versions d’essai gratuites aux internautes aux fins d’expérimentation.

        (3)   La vente regroupée : C’est la vente conjointe de deux produits ou plus selon des proportions définies.·  Publicités et engagements 

    3.6 Stratégies des canaux de distribution dans l’industrie des livres

    La virtualisation du livre permet aux éditeurs de mettre de côté le canal de distribution traditionnel. Il s’agit maintenant d’établir un échange interactif direct entre l’éditeur et le lecteur. Toutefois, le risque de piratage est une des principales menaces à l’endroit de cette industrie. Pour contrer cette nuisance, l’éditeur peut appliquer les mesures suivantes :

    (1)   Renouvellement des produits en temps réel;

    (2)   Réaliser la vente jumlée du produit avec d’autres services pour se différencier de la valeur offerte par le pirate;

    (3)   Appliquer la technologie de l’encryptage pour restreindre les reproductions illégales;

    (4)   Utiliser le cadre juridique relatif au droit d’auteur et aux propriétés intellectuelles;

    3.7 La protection juridique applicable à l’industrie des livres

    Cette protection consiste préalablement en l’établissement de réglementation pour assurer la sécurité du réseau, et ensuite normaliser les modes de gestion et d’utilisation de l’Internet. Pour la cyberédition, l’accent est mis sur la loi des propriétés intellectuelles. Plusieurs traités prévoient que l’enregistrement et la reproduction des informations sur l’Internet doivent obligatoirement avoir l’approbation des titulaires de droit d’auteur. Le contenu ainsi que la signature des œuvres ne peuvent être modifiées arbitrairement et de même, le décryptage sans autorisation des informations encryptées. La production non autorisée de dispositifs de décryptage peut éventuellement violer le droit d’auteur. Un code multimédia a aussi été établi dans plusieurs pays.  

    3.8 La protection technologique applicable à l’industrie des livres

    Le marketing des biens informationnels est inséparable de la protection de ses technologies. À l’heure actuelle, il existe plusieurs formes de protection technologique pour le réseau, comme le pare-feu, SMIME (Secure Multi – purpose InternetMail Extensions), certaines applications de sécurité comme SSL (Secure Sockets Layer) de la compagnie Nestcape supportant son serveur informationnel et ses PC, etc. Certaines circonstances de recherche dans ce domaine en Europe occidental ont mené des programmes ACCOPL et OKAPI. Ces programmes permettent de contrer le piratage en permettant, entre autres, l’incorporation d’un autre champ de recherche spécifique se jumelant à l’addition de signes aux textes et images publiés. Ce faisant, il devient plus facile de cibler les contrefaits. Même s’il est utopique d’établir une protection parfaite dans le monde virtuel, certaines technologies assurente toutefois la pérennité de l’industrie. 

    4 Analyse prospective des tendances à venir dans l’industrie des livres

    Bien que les technologies Internet bouleversent vivement l’édition traditionnelle, elles amènent aussi force et dynamisme dans l’industrie.

    4.1 Extension du concept de l’édition traditionnelle

      · Publications

    Avec le progrès des technologies de l’information, les disques, les bandes et CD commençaient déjà à remplacer le papier. Toutefois, à l’ère de l’Internet, l’existence de l’information dépend foncièrement d’un médium inédit différent des médias usuels : le réseau. Ce n’est pas un bien physique. L’écran affiche aux lecteurs divers messages provenant des éditeurs, des messages considérés comme des publications.

    · Édition

    L’édition traditionnelle implique des travaux complexes comme l’édition, la composition, la correction et l’impression. Ces processus se simplifient énormément grâce à ces nouvelles technologies. La transmission des documents a aussi été grandement remaniée. Par exemple, le fil RSS devient un moyen de lancer un livre ou même de le constituer. 

    · Éditeur

    L’éditeur désigne un individu ou une organisation publiant de l’information sur l’Internet. Un cyberéditeur doit non seulement maîtriser les connaissances techniques de l’édition mais aussi celles de l’informatique et de l’Internet.

    · Achat

    L’achat d’une publication traditionnelle visait à acquérir une source continue d’information : livres, périodiques, disques ou CD. En ce qui a trait à la cyberédition, sa finalité est d’obtenir le droit de naviguer, de visiter l’information. Ce n’est qu’en l’acquérant que l’acheteur peut naviguer et lire les « publications » payées.  

    4.2 Modification et ajustement de la position intermédiaire de l’éditeur

     La cyberédition transforme radicalement la position intermédiaire des organismes et unités de l’édition. L’éditeur n’est plus le seul responsable de l’édition. L’Internet ne cesse de s’améliorer en supportant et offrant des technologies permettant à tous de devenir des éditeurs potentiels. D’ailleurs, une partie des récents périodiques électroniques sont créés seulement par des scientifiques et des chercheurs. Ces revues se caractérisent notamment par une superposition des rôles de l’éditeur et de l’auteur. De plus, elles sont pour la plupart gratuites. La cyberédition bouleverse même la structure et la disposition des unités de l’édition traditionnelle, provoquant une segmentation et des ajustements nouveaux entre les publications imprimées et les publications électroniques. 

    4.3 Modification des technologies et du modèle du processus de l’édition

    Les nouvelles technologies améliorent le processus de mise en page, de correction, de révision, d’impression et de vente des documents. Le trio édition – impression – publication devient indépendant, puisque ce modèle de l’édition n’est pas fonctionnellement substituable. Par contre, l’avènement de la cyberédition franchit en quelque sorte les barrières séparant ces trois éléments. Désormais, les duos création/édition, édition/publication, édition/impression et publication/vente commencent à se fusionner. 

    4.4 La réorganisation et la différenciation des consommateurs

    La montée de l’Internet est non seulement un prolongement des technologies de l’édition, mais elle influence aussi les pensées, les idées, les croyances et les valeurs des internautes. La nouvelle génération grandit sous l’environnement virtuel, qui constitue un des sujets d’application de l’Internet, se caractérise par un âge plutôt jeune, un niveau d’éducation plus élevé, un état de revenus plutôt satisfaisant, une curiosité envers ce qui l’entoure et une forte créativité. Leurs exigences pour les publications se fondent plutôt sur des choix personnalisés, tels que la disposition des publications, leur contenu, leur qualité, et des besoins psychologiques ou intellectuels comme la perception d’une certaine attitude ou la crédibilité. 

    4.5 La refonte du concept de l’édition de la distribution au marketing

    Le développement des technologies Internet assouplit d’une certaine manière les échanges et communications entre les unités de l’édition et les consommateurs. Aujourd’hui, la transmission en ligne des publications ne cause plus aucun problème technologique. Le marketing de publication comble les besoins de personnalisation. Considérant le retour des besoins personnalisés des consommateurs et les caractéristiques du réseau, les intérêts des consommateurs y sont intelligemment pris en compte, devenant un des composants essentiels de cette nouvelle notion de l’édition. Il s’agit en quelque sorte d’un transfert de la théorie des 4P, occupant jusqu’alors une position centrale dans le marketing de publication, vers la théorie des 4C. Des produits du marketing vers le consommateur, du prix vers le coût, de la place vers la convenance et de la promotion vers la communication. 

    4.6 La montée de l’industrie du contenu

    La montée des industries du contenu redéfinit la segmentation, selon un médium unique, du marché des publications traditionnelles. En janvier 2000, la fusion d’American Online avec Time Warner génère un actif atteignant 18 194 100 000 000 de dollars. Le premier détient 55% des parts des technologies du réseau, le dernier, 45% des parts de l’industrie des loisirs. Leur fusion symbolise à la fois la refonte du motif des industries mondiales et la montée de l’industrie du contenu. Celle-ci, en réalité, permet la création, l’édition, la fabrication et la transmission de diverses publications directement sur l’Internet. Le contenu de ces publications diminue leur dépendance envers les média : Les industries des livres, des journaux, de diffusion, du vidéo et de l’audio se fusionnent progressivement. De même, la segmentation de l’industrie de l’édition traditionnelle, qui se basait sur la production, se dissout graduellement. Les médias multiples et les regroupements issus de la fusion de l’industrie de l’édition avec les autres industries culturelles dirigent la tendance du développement de l’industrie de l’édition à l’ère de l’Internet. L’orientation du développement vers la multifonctionnalité sur le marché des publications se base ainsi sur la fusion de médias multiples. En développant la direction des publications, leurs cultures cumulatives et sa diffusion, elles élèvent le niveau d’instruction des gens, encouragent le progrès de la science, satisfait aux besoins de praticabilité et de consommation et bénéficie d’un grand marché international. À titre exemplatif, la forte intervention des publicités journalistiques dynamise le développement de l’industrie de l’édition.

    5 Évaluation sur la possibilité, pour un nouveau joueur, de pénétrer le marché de l’industrie des livres

    Suivant les données citées au début du chapitre (Voir figure 6 – fluctuations du taux de lecture des Américains de 18 à 24 ans), il est intéressant d’appliquer la théorie des jeux (Osborne et al, 1994)(John F. et al, 1950):Supposons que les deux joueurs sont la maison d’édition traditionnelle et la maison de cyberédition, ces dernières disposent respectivement de deux stratégies identiques : la cyberédition ou l’édition traditionnelle. (Voir figure 9). 

     Figure 9 – Théorie des jeux opposant la maison d’édition de la maison de cyberédition

    figure9.jpg        

    Supposons que la maison d’édition traditionnelle opte pour la cyberédition. Si la maison de cyberédition se décide pour la cyberédition aussi, le nombre de lecteurs augmentera de 35.0%. Si la maison de cyberédition choisit l’édition traditionnelle, ce nombre augmentera de 12.4%. À ce moment-là, en comparant ces deux pourcentages (35.0%>12.4%), il est plus rentable que les deux maisons d’édition se prononcent pour la cyberédition. Nous soulignons donc le pourcentage 35.0% en guise de rappel. En fixant cette fois-ci la maison d’édition pour l’édition traditionnelle, après analyse des pourcentages respectifs (70.0%,>47.4%), soulignons également le premier pourcentage. Aussi, en comparant les pourcentages de la maison d’édition traditionnelle, lorsque son homologue de cyberédition opte pour la cyberédition (59.8%>24.8%), nous soulignons 59.8% et 82.4% après analyse des pourcentages obtenus, lorsque la maison de cyberédition se lance dans l’édition traditionnelle (82.4%>47.7%). (Voir figure 10).  

    Figure 10 – Résultats de la théorie des jeux opposant la maison d’édition de la maison de cyberédition 

    figure10.jpg 

    Selon les soulignements précédents, nous pouvons constater que (35.0%, 59.8%) constitue l’équilibre de Nash, puisque seuls ces deux pourcentages sont soulignés dans la même case. Ainsi, 35.0%≥12.4%,59.8%≥24.8% sont fondés.  Les résultats de cette théorie des jeux démontrent qu’autant pour l’industrie de l’édition traditionnelle que pour l’industrie de la cyberédition, le choix de la cyberédition s’avère être une stratégie plus rentable. En tant qu’industrie, la cyberédition provient non seulement de l’arrivée de nouvelles technologies et d’investissements souvent risqués, mais elle reflète aussi l’esprit d’entreprise et la diversification de l’industrie de l’édition traditionnelle. Le positionnement stratégique de cette dernière représente son adaptation à ce nouvel outil à la fois meurtrier et salvateur. La cyberédition et l’édition traditionnelle coexistent par interaction et complémentarité. L’édition traditionnelle doit apprendre à se transformer en, et ne même temps, avec la cyberédition. Une entreprise ne parvenant pas à respecter ces deux nouvelles réalités perd un grand avantage compétitif qui pourra éventuellement mener à sa perte. En réalité, l’industrie de l’édition traditionnelle apporte à la cyberédition beaucoup de soutien aux ressources, tandis que cette dernière retourne à l’édition traditionnelle de nouvelles opportunités et défis. Cependant, l’industrie de l’édition traditionnelle accumule une lourde charge, puisque d’autres industries comme celles des nouvelles, des radiodiffusions, des films et loisirs, des communications et de l’informatique, mais aussi celles des ISP (Internet Service Provider), des ICP (Internet Content Provider), des ASP (Application Service Provider) voire même de certains individus (par exemple, des bloggers aguerris) parviennet à réclamer une part de ce gâteau levant qu’est la cyberédition.

    BIBLIOGRAPHIE

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    SITES INTERNET CONSULTÉS

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    Wall Communications Inc., March 31, 2004, The Economic Contribution of Copyright Industries to the Canadian Economy, http://www.pch.gc.ca/progs/ac-ca/progs/pda-cpb/pubs/economic_contribution/index_e.cfm (consulté le 30 septembre 2007). 

    Friedman Jane, 2006-08-28, application de nouvelles technologies du groupe d’édition Harper Collins, 2006, Le forum d’édition internationale de Pékin, http://www.chinapublish.com.cn/cms/website/cips/layout3/index.jsp?infoId=10657&channelId=811&siteId=1 

    Bibliothèque et Archives Canada, 2001, « L’édition électronique: Guide des pratiques exemplaires à l’intention des éditeurs canadiens »,  http://epe.lac-bac.gc.ca/100/200/301/nlc-bnc/e-pub_guide-ef/9/13/p13-100-f.html (consulté le 7 octobre 2007). 

    IPCENTRAL Weblog Archives, 02.20.2007, Copyright and the U.S. Economy, http://weblog.ipcentral.info/archives/2007/02/copyright_and_t_1.html (consulté le 30 septembre 2007). 

    Bibliothèque et Archives Canada, « Première partie : Survol du monde de l’édition électronique », 2001,  http://www.collectionscanada.ca/9/13/p13-100-f.html#who (consulté le 20 septembre 2007). 

    Industrie Canada, «Éditeurs de logiciels (SCIAN 51121)» 3 juin 2003, http://strategis.ic.gc.ca/epic/internet/inict-tic.nsf (consulté le 4 octobre 2007) 

    U.S. Census Bureau, «2002 NAICS Definitions» May 06, 2003, http://www.census.gov/epcd/naics02/def/ND511130.HTM (consulté le 30 septembre 2007) 

    Chinapublish, « Diminution constante du taux de lecture traditionnel contre une croissance accélérée de son homologue virtuel», 2006-04-23, http://www.chinapublish.com.cn/cms/website/cips/layout3/index.jsp?infoId=7644&channelId=715&siteId=1 

    eBooks in Education Conference (New York14 avril 2005) http://www.openebook.org/doc_library/presentations.htm 

    Information Today, «Adobe Introduces Network Publishing with Strategic Partners», Volume 17, Issue 11, December 2000, http://www.infotoday.com/IT/dec00/news12.htm (consulté le 20 septembre 2007)

    ANNEXE 1- CORRESPONDING INDEX ENTRIES

    2002
    NAICS

    1997
    NAICS
    1987
    SIC
    Corresponding Index Entries
    511130 511130 2731 Almanac publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Almanac publishers and printing combined
    511130 511199 2741 Atlas publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511199 2741 Atlas publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Book (e.g., hardback, paperback, tape) publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Book publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Book publishers, university press (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Dictionary publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Dictionary publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Encyclopedia publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Encyclopedia publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Fiction book publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Fiction book publishers and printing combined
    511130 511199 2741 Globe cover publishers
    511130 511199 2741 Globe cover publishers and printing combined
    511130 511199 2741 Guide, street map, publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511199 2741 Guide, street map, publishers and printing combined
    511130 511199 2741 Map publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511199 2741 Map publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Nonfiction book publishers (except exclusive Internet publshing)
    511130 511130 2731 Nonfiction book publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Pamphlet publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Pamphlet publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Professional book publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Professional book publishers and printing combined
    511130 511130 2731 Publishers (except exclusive Internet publishing), book
    511130 511199 2741 Publishers (except exclusive Internet publishing), map
    511130 511130 2731 Publishers, book, combined with printing
    511130 511130 2731 Religious book publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Religious book publishers and printing combined
    511130 511130 2731 School book publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 School book publishers and printing combined
    511130 511130 2731 School textbook publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 School textbook publishers and printing combined
    511130 511199 2741 Street map guide publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2741 Technical manual and paperback book publishers (except exclusive Internet publish
    511130 511130 2741 Technical manual and paperback book publishers and printing combined
    511130 511130 2741 Technical manual publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Travel guide book publishers (except exclusive Internet publishing)
    511130 511130 2731 Travel guide book publishers and printing combined
    511130 511130 2731 University press publishers (except exclusive Internet publishing)
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