La télédiffusion par Internet
Posted by vincent on novembre 6th, 2007
NOTE SECTORIELLE SUR LA
TÉLÉDIFFUSION SUR INTERNET,
TRAVAIL PRÉSENTÉ PAR : DIDIER BÉTOURNAY, JOËLLE BERGERON POUDRIER, VINCENT CASSAR & MIALITIANA RAKOTONAVAHY
Il existe différentes façons d’offrir la télévision par Internet[1] :
- Sur le web (ouvert à tous) en format téléchargeable ou par streaming (flot).
- Sur circuit fermé à des abonnés ce qu’on appelle l’Internet Protocol Television (IPTV).
Ces services viennent concurrencer le domaine du câble et de la diffusion terrestre tels qu’on les connait. Nous ne sommes qu’à la naissance de la diffusion vidéo par Internet, bien que l’engouement soit on ne peut plus réel et c’est ce qui vous sera présenté dans la section qui suit.


Il est vrai que les utilisateurs d’Internet regardent moins la télévision que les non-utilisateurs, par contre la différence en temps est de seulement 5 minutes de moins par jour (voir figure plus bas)[2]. Le nombre d’heures de visionnement régulier est faiblement affecté par la présence de la vidéo en ligne car en fait cette dernière ne fait que permettre de nouveaux visionnements plutôt que du visionnement de substitution à la télé[3]. Selon la firme Nielsen, seulement 13 % des gens disent que le visionnement en ligne est un substitut à la télévision régulière. À quel point les internautes peuvent considérer la vidéo en ligne un substitut à la télé ?
Deux théories viennent répondre à cette question[4]:
· La télévision est passive mais l’Internet est interactif, on peut recevoir-envoyer de l’information et adapter facilement l’expérience en fonction de ses intérêts.
· Le temps passé sur Internet remplace le temps passé à faire d’autres activités, donc on consacre moins de temps à la télé si on passe plus de temps sur Internet.
Selon les plus récentes statistiques canadiennes, datant de 2005, les Québécois ayant accès à Internet sont 8.8 % à télécharger ou regarder la télé en ligne (325 600 personnes) et sont 6.7 % à télécharger ou regarder des films en ligne (247 900 personnes). La moyenne canadienne est de 8.5 % pour la télé (1 428 000 personnes) et de 8.3 % pour les films (1 394 400 personnes)[5].
Une étude d’Arbitron/Edison révèle qu’aux États-Unis la clientèle de la vidéo sur Internet a augmenté de 50 % de 2005 à 2006[6]. 12 % des Américains de plus de 12 ans ont visionné des vidéos sur Internet au cours de la dernière semaine. 19 % en ont quant à eux regardé au cours du moins passé, ce qui équivaut à 47 millions de personnes[7].

Figure 2. Nombre de personnes ayant visionné une video en ligne le mois passé.Source : Rose, Bill et Joe Lenski, Internet and Multimedia 2006 : On-Demand Media Explodes, Arbitron/Edison Media Research
Un total de 40 % des gens interrogés choisiraient d’éliminer la télévision au profit de l’Internet s’ils devaient garder un seul médium[8]. Les choses changent pour le mieux car en 2001, ce n’est que 26 % qui étaient prêts à garder l’Internet. Malgré cet intérêt, de tous les services qui offrent des vidéos, la vidéo sur Internet arrive à la septième et dernière position quant à « l’amour » que lui voue les utilisateurs (voir tableau plus bas)[9].
|
Percent of Owners/Users Who Say They “Love” Using Device |
|
|
1.High-definition TV (HDTV) 34% |
5. Pay TV channels such as HBO or Showtime 16% |
|
2.TiVo/DVR 32% |
6. Video On Demand 13% |
|
3.Satellite TV 28% |
7. Internet video 8% |
|
4.Cable TV 20% |
|
Figure 3. Pourcentage de gens ayant dit aimer vraiment (love) l’utilisation d’une certaine technologie au lieu de simplement avoir une attitude positive envers elle (like)
Source : Rose, Bill et Joe Lenski, Internet and Multimedia 2006 : On-Demand Media Explodes, Arbitron/Edison Media Research,
Il faut tenir compte que 4 Américains sur 10 sont de grands consommateurs de média sur demande[10]. Les ménages ayant un revenu plus élevé que la moyenne sont davantage portés à (et peuvent) s’offrir des médias sur demande (plus facilement). Les Américains étant les plus âgés sont les moins intéressés à contrôler les médias qu’ils consomment. Dans l’étude d’Arbitron/Edison, 62 % des consommateurs qui ne pouvaient être qualifiés de « clients potentiels de vidéo sur demande » avaient plus de 55 ans[11]. La technologie est de plus en plus accessible, 13 % des Américains ont plus de 3 ordinateurs fonctionnels dans leur maison[12].
Comparé aux données de 1998 où moins de la moitié n’avaient qu’un seul ordinateur. 81 % des Américains ont maintenant accès à Internet, un bond de 25 % depuis 2000. Nonobstant le fait que les téléspectateurs sur Internet cherchent premièrement à visionner la météo locale et les nouvelles, les séries télés ont la côte chez les spectateurs[13]. 15 % avouent en avoir déjà visionné sur Internet par téléchargement ou en ligne directement et 23 % en ont regardé par vidéo sur demande[14].
Bref, si l’on résume la situation de la vidéo en ligne aux États-Unis on pourrait le faire ainsi [15]:
· 122 millions de personnes ont déjà visionné ou écouté du contenu sur demande en ligne
· Ceci équivaut à 49 % de la population Américaine de 12 ans et plus
· Ou 60 % de la population ayant accès à Internet
· Et finalement 69% des gens qui ont un accès à Internet par broadband.
1.2.2. L’EMPLOI
Selon un sondage mené auprès de 1 596 stations de télé par Bob Papper, professeur de télécommunications à l’université de Ball State en Indiana, les employés faisant partie de l’équipe des nouvelles se voient donner de plus en plus de responsabilités concernant le site web de la station, un taux d’employés qui passe de 34.4 à 41.9 %[16]. De 2004 à 2005 la hausse du nombre d’employés n’était que de 2 %, cette année elle est de 7.5 %.
De toute la main d’œuvre des stations de télé seulement 3.77% travaillent sur le site web de la station[17]. Ce qui est une hausse d’environ 1 personne comparé à l’an dernier. Le nombre de stations de télé qui font du profit avec leur site a diminué depuis 2005, pour s’établir à 22.8 % en 2006[18]. Par contre, 48.7 % des stations n’ont encore aucune idée s’ils génèrent un profit avec leur site[19].
La télé traditionnelle est en perte de vitesse. Le nombre de ménages qui sont abonnés au câble terrestre a diminué dramatiquement dans plusieurs pays ; il est passé de 52 % en 1995 à 35 % en 2002[20]. Selon un rapport de l’OCDE, en 2005, seulement 2.5 millions de ménages recevaient la télé par IPTV[21]. Nous sommes encore aux balbutiements du mode de transmission de vidéo par Internet. L’Europe comptait 1 million d’utilisateurs à elle seule (40% du marché)[22]. La France et l’Italie sont les pays les plus actifs sur le marché de l’IPTV tandis que la Corée et le Japon sont bon derniers car il y est difficile d’obtenir des permis[23]. En termes de ménages regardant la télévision par Internet c’est toujours la France la plus avancée avec 59 % des familles[24]
. 
Figure 4. Nombre de ménages regardant la télévision par Internet.Source : Goldie, Luan, «Half of Europeans Already Use the Internet to Watch Tv Shows», New Media Age, vendredi 5 octobre 2007, p.11.
On estime à 300 millions le nombre de gens autour du globe qui sont consommateurs de vidéo par Internet présentement ; Ce chiffre devrait grimper à 1 milliard en 2012[25]. En comparaison, Youtube obtient la visite de 55 millions d’utilisateurs uniques chaque mois, 18% de la clientèle totale mondiale[26].
2.1. PRINCIPALES MODIFICATIONS
La première démarcation importante à faire entre la Télédiffusion et la Webdiffusion est la convergence du produit et des relations clients. Le spectateur fait maintenant partie intégrante du contenu de la diffusion. Si, d’une part, le marché de l’audio-visuel est en pleine expansion, il est aussi très diversifié. Des sites de diffusion connus tels que Foxinteractivemedia.com (PR :7), tv.yahoo.com TV (PR :8) ou Youtube.com (PR :8) aux sites les plus petits tels que manuelgass.com (PR :3), le client est maintenant maître de la diffusion.
Avec la télévision sur le web, il a non seulement la maîtrise de la variable temps
- qui posait de sérieux problèmes avec la télévision régulière
- en pouvant choisir le meilleur moment pour écouter ses émissions, il possède également un éventail de choix beaucoup plus étendu que celui qu’offre la télévision régulière. Aussi, le Web est l’outil le plus performant en ce moment pour la personnification du contenu. Youtube.com par exemple, permet de personnaliser sa visite afin qu’elle réponde aux goûts et aux attentes du téléspectateur.
2.2. LES IMPACTS, UNE QUESTION D’ARGENT
Contrairement à la croyance populaire, l’industrie télévisuelle régulière n’est pas en perte de vitesse ; au contraire, le marché de la télévision croît de façon constante et stable. Par contre, une récente étude publiée par Comscore stipule que près de 75% des internautes ont consommé plus de 3 heures de vidéos sur Internet pendant le mois de juillet, mois équivalant à la période creuse pour la télévision régulière[27]. Cependant, comme le démontre le tableau ci-dessous, la publicité placée sur Internet augmente de façon constante[28]. Or, ce sont davantage les médias imprimés qui voient leur utilisation réduite au profit du web.
Figure 5. Part totale des publicités places par medium, 2005-2009.Source : Petersen, Laurie, Online video. Local Search Drive 30% Internet Ad Growth: ZenithOptimedia,
Néanmoins, si la télévision régulière continue sa croissance, les investissements publicitaires, quant à eux, y sont en décroissance constante.
Cet état peut facilement s’expliquer par deux facteurs principaux[29] :
- Les messages télé coûtent une fortune à produire et à diffuser. De plus, les chaînes spécialisées diffusent de plus en plus en haute définition, ce qui augmente les frais de tournage et double les frais de montage des publicités
- Les messages Internet au contraire ne demandent pas la même qualité de tournage. Molson dry a tourné en 2006, un message publicitaire conçu pour le Web[31]
La publicité, enregistrée comme un vidéo amateur, montrait un jeune homme essayant de faire des prouesses en patins à roues alignées quand soudain une vague (la vague de Molson dry) le renverse.
La publicité ci-contre, diffusée d’abord sur Internet, a été reprise par la suite par la télévision conventionnelle.
Dans la première semaine de diffusion, on pouvait même voir la bande de chargement en bas de l’image. Ce fût une première au Québec, qui a su montrer qu’une publicité télévisée n’avait pas besoin d’être de qualité technique supérieure pour être efficace.
La télévision régulière ne permet pas de segmentations précises. Par exemple, l’ensemble des 2 millions de spectateurs lors de tout le monde en parle à Radio-Canada voit les mêmes messages publicitaires, une moitié du temps total consacré aux publicités. L’autre moitié du temps publicitaire est consacrée aux publicités locales, segmentées par région. La télévision conventionnelle ne permet pas de segmentation plus spécifique. Nous pouvons analyser le type de spectateur en moyenne, avec des paramètres comme l’âge et de sexe, mais il n’en reste pas moins qu’une publicité télé sera vue par une clientèle cible noyée dans le reste des spectateurs qui n’ont aucune chance de consommer le produit annoncé.
Cependant, le mode de financement de la publicité télévisuelle étant calculé en nombre de personnes rejointes, l’annonceur paiera aussi pour rejoindre des personnes qui ne sont pas susceptibles de devenir des clients potentiels. Ainsi, la télévision régulière ne peut offrir la flexibilité que procure l’Internet, qu’il s’agisse des horaires de diffusion, des options d’achats médias, ou du mode de production. Pour les télédiffuseurs traditionnels, ce problème est majeur car bien que de plus en plus de chaînes proposent du contenu vidéo sur leur site, c’est le placement média régulier qui leurs assure une certaine rentabilité. En somme, le but premier d’une conversion en ligne pour une chaîne de télé régulière reste avant tout d’attirer les spectateurs vers la télévision, d’où ils pourront tirer le plus de profits grâce aux publicités. Tout le monde en parle, par exemple, ne propose pas de revoir les émissions anciennement diffusées, ce qui serait très attirant pour les spectateurs qui ne sont pas disponibles le dimanche soir. Radio-Canada pourrait accroître son trafic et, par la même occasion, diffuser de l’autopromotion afin d’attirer le spectateur sur d’autres émissions… alors pourquoi ne le fait-il pas ?
Parce que par cette pratique, l’audience du dimanche ne cesserait de décroître vu la facilité de regarder l’émission quand bon vous semble sur Internet et donc, ferait chuter le chiffre d’affaires de Radio Canada. La télévision s’accroche à cette notion de rendez-vous qui n’existe plus sur Internet.
2.3. MAIS IL N’Y A PAS QUE LA TELE
Dans notre étude, comme nous considérons le terme « télédiffusion » comme englobant tout contenu audiovisuel, il est important de s’attarder aussi au marché du cinéma qui a généré en 2006, plus de 9 milliards aux Box office aux États-Unis seulement[32]:

Figure 7. Les revenus américains du domaine du cinema.Source : Motion Picture Association, 2006 US Theatrical Market Statistics
Bien que le cinéma possède le plus faible taux de variation de consommation par rapport aux autres médias (environ 0,01% en 4 ans voir tableau précédant), les pratiques de cette industrie se modifient par l’émergence des TI. Depuis février 2007, Lionsgate a permis la vente des ses films en ligne sur Itunes, rejoignant ainsi les deux autres géants Paramount et Disney[33].
D’une part, cette pratique facilite l’achat, car le consommateur qui veut se procurer son grand classique Walt Disney n’a plus à chercher dans toutes les grandes surfaces en espérant en trouver une copie ; de l’autre, les ventes en ligne permettent un profit beaucoup plus important à l’industrie du cinéma, compte tenu de l’absence des coûts de fabrication, de distribution et de commission des grossistes. Avec de tels avantages, il semble curieux que cette migration vers le marché numérique ne soit pas plus rapide. Comme pour la télévision, les pratiques hors lignes sont bien établies et payantes pour les gros joueurs qui ne retrouvent pas nécessairement la profitabilité en ligne. Les poids lourds de l’industrie du détail tels que Wal-Mart et Target, les plus importants vendeurs de DVD aux États-Unis, font donc pression auprès des entreprises de cinéma pour ralentir la vente de films en ligne[34].
3. LES MODELES D’AFFAIRE DE LA TELEVISION SUR INTERNET
Ces différentes offres de produits peuvent être classées en quatre modèles de revenus principaux :
- La vidéo à la demande (video on or near demand) où l’utilisateur loue des films en ligne.
-
La télévision par abonnement (Subscription TV), où l’utilisateur paie un forfait pour un certain nombre de programmes.
-
La télévision gratuite financée par la publicité, où l’utilisateur accède gratuitement au service car les programmes sont financés par la publicité.
-
La télévision à partage de revenus, dans laquelle les publicités financent le produit et où les sociétés dont il est fait la publicité partagent les revenus avec le diffuseur[35].
3.1. LE MARCHE DE LA TELEVISION PAYANTE SUR INTERNET
3.1.1. LE TELECHARGEMENT DEFINITIF
Selon l’institut Adams Media Research (AMR), entre aujourd’hui et 2011, les consommateurs dépenseront plus de 4 milliards de dollars en téléchargement de films et de programmes télévisés sur internet. En 2006, les consommateurs ont dépensé environ 11 millions de dollars pour ce type de service. Il semble évident que ce service est en train de gagner en popularité[36].Bien qu’Adams affirme que la lecture en continu (ou « streaming ») financée par la publicité est amenée à durer, il fait aussi remarquer qu’Apple a déjà développé Apple TV, qui permet aux consommateurs d’acquérir des produits vidéos en ligne et de les « convertir » pour pouvoir les regarder sur une télévision. Le produit, appelé à l’origine « iTV » a été renommé pour mieux mettre en avant le nom de la société. «Apple TV convertit automatiquement les fichiers multimédias présents sur votre ordinateur pour vous permettre de les regarder sur votre télévision[37]».
L’avantage du téléchargement définitif de télévision sur internet est évident : des produits illimités à bas coûts, disponible 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Certaines vidéos qui auraient un prix prohibitif dans une boutique physique, peut-être à cause de la faible demande, peuvent être achetées à plus bas coûts sur Internet. Ce marché du téléchargement définitif croît déjà rapidement. Depuis que sightsound.com a débuté son service de téléchargement il y a quelques années, Wal-Mart, Amazon, Cinemanow, Lovefilms, BitTorrent, Universal et même Apple ont commencé à proposer des services similaires. Le tableau ci-dessous présente la croissance de la popularité et les parts de marché du téléchargement définitif de vidéo par internet de 2005 à 2007, ainsi qu’une projection jusqu’en 2011.

Figure 8. Popularité de la vidéo sur internet par rapport aux autres formats de visionnage.Source : Adams Media Research, Video on the Internet: Ad-Supported Streaming and Download-to-Own
Le second type de service payant, la vidéo à la demande, permet de visionner directement en ligne les vidéos. La vidéo à la demande peut être diffusée en continu, le consommateur visionne alors en « temps réel », ou elle peut être téléchargée et visionnée à la convenance du consommateur. Comme le consommateur peut visionner ce contenu sur un ordinateur, sur un téléphone portable, ou bien sûr sur une « Apple box », c’est un système très polyvalent. En 2006, l’observatoire européen de l’audiovisuel a dénombré 142 services de VoD (vidéo à la demande) en Europe. Wikipedia liste les fournisseurs de VoD les plus populaires[38].
Un absent de marque de cette liste est Netflix, un pionnier de la VoD depuis 1999. Depuis lors, les locations de VoD ont atteint environ 1,3 milliards de dollars par an en 2006, révolutionnant ainsi effectivement l’industrie de la location de vidéos et déplaçant 15,9% du marché de la location des hypermarchés et des vidéo clubs vers les PC [39].
3.1.3. LES SERVICES D’ABONNEMENT
Le service d’abonnement consiste en la fourniture par une société d’un certain nombre de fichiers vidéo en téléchargement ou en lecture continue pour un forfait fixe renouvelable. Netflix possède « WatchNow » et « Total Access », une autre chaine diffusant principalement des blockbusters sur le net. D’autres concurrents sont par exemple Intelliflix, et Gameznflix. En 2006, les services d’abonnement ont atteint plus de 15% du marché de la VoD, comme le présente ce graphique par Adams.

Figure 9. Les parts de marché en 2006 des services d’abonnement en ligne.Source : Adams Media Research, Video on the Internet: Ad-Supported Streaming and Download-to-Own,
Il existe deux principaux types de services « gratuits » pour le consommateur. Dans le premier cas, les publicités financent le service. Dans le second cas, le service est toujours financé par la publicité, mais une variable de partage des revenus y est ajoutée.
3.2.1. LE MODELE DE FINANCEMENT PAR LA PUBLICITE
Toute personne ayant déjà visionnée des vidéos sur Google ou YouTube est familière avec le concept du visionnage gratuit car les vidéos y sont financées par des publicités. eMarketer prévoit que « les publicités dans les vidéos en ligne aux Etats-Unis dépasseront le milliard de dollars l’année prochaine, 2 milliards de dollars en 2009 et 3 milliards de dollars en 2010 [40].». Bien que la plupart des vidéos sur Internet suivent ce model d’affaires, la plupart des consommateurs n’aime pas les publicités, ils détestent être interrompus, et trouvent que les publicités sont en fait « intrusives [41].». La figure 4 ci-dessous, provenant de Burst et de eMarketer.com, présente le taux d’insatisfaction des consommateurs par rapport au service de livraison gratuite.
Figure 10. L’attitude des téléspectateurs des vidéos en ligne aux Etats-Unis.Source : Hallerman, David, eMarketer:Online Video Advertising Sticking Points
3.2.2. LE MODELE DE PARTAGE DE REVENUS (FINANCE AUSSI PAR LA PUBLICITE)
Ce type de modèle de revenu est plus une extension du modèle financé par la publicité qu’un modèle totalement nouveau et différent. Ici, le revenu provenant de la publicité est partagé entre le fournisseur de contenu et la société de médias en ligne qui diffuse la vidéo en ligne. En Janvier 2007, la société à l’origine de Skype et de Kazaa a présenté ce nouveau type de partage de revenus pour diffuser « gratuitement » des vidéos.
La nouvelle société, « Joost », décrit le principe du partage de revenu :
The advertising inserted in the content is what fuels the system with money. And then there is the revenue share between us and the content owner, so they will make money from the advertising as well. We charge a delivery fee for content, and we have an option for the content owners under which we can fill the advertising or they can sell it themselves[42].
Le directeur de Joost précise que les programmes sont « fixés » et la publicité ne peut pas être exclue. En d’autres mots, il est impossible de supprimer la publicité, Joost assure néanmoins qu’ils essaient de rendre les publicités aussi digestes que possibles[43].
4. UNE ANALYSE DES TENDANCES À VENIR
4.1. BOULEVERSEMENT DES METIERS
Les métiers de la télé subissent une mutation : les journalistes sont inquiets de l’évolution de leurs professions. Aujourd’hui, tout le monde peut devenir cinéaste, journaliste, reporter, producteur grâce à Youtube dont les contributeurs les plus actifs sont maintenant rémunérés, ou à Grouper, Dailymotion, Revver… Les coûts d’installation d’un reportage fait-maison sont à la portée de tout le monde. Ainsi, que vont devenir les acteurs de l’audiovisuel demain ? De toute évidence, ils vont migrer vers le numérique. Selon l’article du 4 Décembre 2006 de la revue technologique YouVox : «internet brouille les frontières traditionnelles entre médias : la presse écrite utilise aujourd’hui les techniques des médias audiovisuels» comme par exemple le New-York Times qui propose des vidéos de ses journalistes sur leur site[44]. En outre, « Internet modifie complètement les marchés de l’information. Les médias (presse écrite, presse audiovisuelle) étaient hier locaux, ils sont devenus globaux». Cela signifie que les journalistes ou autres acteurs de l’audiovisuel vont toujours exister mais leurs métiers commencent petit à petit à se transformer et à migrer sur le web.
Certaines émissions actuellement, ne sont diffusées que sur internet. Nous pouvons prévoir que d’ici une dizaine d’années : ces émissions vont peupler la toile… Prenons par exemple l’émission Sanctuary : elle est exclusivement produite et vendue sur le Web et pourtant elle dépasse des émissions aussi populaires que Star Trek. Le succès des Têtes à claques reflète aussi l’essor de ces émissions 100% web. Des grandes chaînes de télé comme Canal+ en France, mettent même en ligne des programmes exclusifs pour le web, parfois inédits, comme les Pépites sur le Net, les Brèves de plateau, « I have a dream »[45]. En somme, ces émissions, qu’elles soient produites par les géants de la télé ou le voisin d’à côté, sont dans une phase expérimentale mais leur succès est perceptible.
La télévision a une place privilégiée dans le salon. La petite réunion autour de la télé le soir ou le dimanche n’a pas changé en 50 ans. Cette vieille télé va-t-elle donc disparaître? La télévision s’est installée dans le quotidien de la famille et les fabricants sont conscients de cette tradition difficile à ébranler. C’est pour cela que la télévision ne s’éteint pas, elle aussi subit une mutation. Nous voyons apparaître petit à petit des télés branchées sur internet : comme l’Apple TV qui est sortie en Mars 2007, elle est la synergie entre un téléviseur et un ordinateur. Elle permet de transférer de la vidéo de l’ordinateur à la télévision grâce à une technologie sans-fil mais permet aussi de consulter des pages web. Selon le vice president des investissements J&W Seligman : « Apple could sell between 1 million and 1.5 million Apple TV’s in the product’s first year on the market »[46]. Le groupe Hewlett-Packard a aussi mis sur le marché des ordinateurs-télé comme le z540 qui se branche sur internet et qui roule sur un système d’exploitation Windows XP Media Center. Sony a également sorti le LocationFree qui permet de regarder des programmes télévisés sur un ordinateur connecté à Internet. Cela signifie que la télévision hertzienne va disparaître au profit de la télévision-internet. Ce marché florissant a un bel avenir devant lui.
4.4. MIGRATION DES GROS RESEAUX DE LA TELEVISION
Les chaînes de télé commencent petit à petit à aller sur internet. De grosses pointures comme ABC, Warner, Fox et CBS aux Etats-Unis, TF1 et Canal+ en France, Radio-Canada ici au Québec, proposent leur émissions populaires sur le web. ABC a commencé en Mai à proposer gratuitement en ligne ses séries vedettes comme Desperate Housewives et Lost. Étant donné que les revenus de ces chaînes reposent surtout sur de la publicité, des spots publicitaires sont diffusés sur le net. Chez Warner Brothers, les utilisateurs peuvent regarder en ligne les épisodes de la série à succès « Two and a Half Men » avec un spot publicitaire de 15 secondes. Pour CBS, la stratégie est différente, les séries les moins performantes à la télé se retrouvent sur leur site internet pour percer un nouveau public. En France, chez Endemol, les grosses émissions comme Loft Story ou Star Academy se retrouvent en ligne. Le site Internet d’Endemol propose de visualiser plus de 2 500 extraits de ses émissions : 7 millions de vidéos sont alors vues en un mois[47]. Ici au Québec, Radio-canada propose une soixantaine d’émissions sur leur site: certaines sont des extraits, d’autres des versions intégrales. Sur TQS.ca, les vidéos en ligne peuvent être notées. De plus sur TVA.ca, les téléspectateurs peuvent envoyer leurs commentaires par webcam. Il est difficile pour une chaîne de ne pas suivre la vague internet, on va petit à petit vers des programmes à la demande à la grande défaveur des grilles de programme.
Les chaînes ont conscience de cette évolution et essaient de s’adapter au nouveau marché des émissions sur internet. En somme, les chaînes migrent petit à petit sur internet car l’avenir de la télévision actuelle est assez nuageux. Les télés deviennent des télés-ordinateurs, les journalistes sont sur le web, les émissions se téléchargent : bref, c’est une révolution de la télé et elle ne fait que commencer !








