Karmacoma dans le milieu de la presse: actions et réactions

Comme le dit le directeur de thestreet.com (site de news financières), Jim Cramer, « On n’est pas payé par rapport aux yeux [qui regardent le site] à moins d’être un ophtalmologiste » («you don’t get paid by eyeballs unless you’re an ophthalmologist»). Outre son humour indiscutable, Monsieur Cramer a mis le doigt sur le véritable casse-tête des éditeurs de presse. Comment capturer la valeur de l’information dévoilée sur Internet? Des solutions ont été apportées dans le billet de Moundir et, au vu du nombre de joueurs importants sur le Web en ligne, il importe de se démarquer tout en prêtant attention aux conséquences que les décisions prises auront pour l’une ou l’autre des parties.

Outre les habituels concurrents locaux (New York Times, New York Post à NYC ; Le Figaro, le Monde et Libération en France), les éditeurs ont maille à partir avec le géant du Web, Google et ses multiples projets à l’encontre de la presse en ligne. En se basant sur la théorie des jeux, comme l’a décrit Lamyae dans son billet, Google et l’ensemble des éditeurs se doivent de collaborer; les deux acteurs trouvant ainsi un terrain d’entente où chacun a bien plus à y gagner en utilisant les ressources des uns et des autres, avec des renvois de trafic et de contenu.

Nous allons nous attacher ici à voir un exemple du passé pour nous permettre d’avoir un aperçu de ce que pourrait devenir l’avenir de l’industrie de la presse en ligne si celle-ci s’évertuait à vouloir contrer la mainmise de Google. Le cas Copiepresses opposant Google aux éditeurs de presse belge dans une bataille juridique est édifiant. Rappel des faits: Google, via son Google News, affichait des pages tirées du site de quotidiens belges. Le problème est que certaines de ces pages continuaient à être visibles quand bien même celles-ci n’étaient plus en libre accès sur le site d’origine. Condamnée à retirer les pages tirées de quotidiens belges n’ayant pas été soumises à une autorisation préalable, la société Google a répondu du tac au tac en blacklistant les sites concernés, les plongeant au sein du Web invisible. Ceci est parfaitement révélateur du monopole de Google sur l’information en général et du danger pour l’industrie de la presse de s’y attaquer de front.

Après ce conflit, la société de Mountain View a fait le premier pas en vue d’un partenariat impliquant les éditeurs avec son programme Google Fast Flip, qui permet de reproduire la sensation de « tourner » les pages d’un journal papier en cliquant sur des flèches. En effet, contrairement à Google News, ce nouveau service assure un partage des revenus publicitaires entre les différents partenaires, du New York Times à Newsweek en passant par le Washington Post. Dans la continuité de cette démarche, Youtube, propriété de Google, a créé une section d’aide aux journalistes, nommée “Youtube Direct”, où “les journaux pourront mettre sur leur sites les vidéos des usagers témoins d’une actualité“.

En l’état, il est clair qu’il est difficile de déterminer avec précision ce qu’il adviendra du monde de la presse, et quelle stratégie conviendra le mieux. Cette incertitude provient du fait que les acteurs majeurs modifient les données du jeu en permanence de par leurs actions . Ce n’est qu’après que la décision a été prise que l’on peut mesurer son impact et cela fournit alors une nouvelle information pour la prochaine décision à prendre, créant ainsi de nouveaux scénarii possibles.

___________________________________________________________________________________________
http://news.cnet.com/2100-1023-254986.html
http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/actualite/les-journaux-belges-reclament-pres-de-50-millions-d-euros-a-google.shtml
http://www.neteco.com/141984-journaux-belges-attaque-google.html
http://mediawatch.afp.com/?post/2009/01/11/LAmerique-sans-le-New-York-Times
http://www.journalismes.info/You-tube-copine-avec-la-presse_a2349.html

Bookmark and Share

Suivre les commetaires avec le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un comentaire, or trackback depuis votre site.

Laisser un commentaire

XHTML: Vous pouvez utiliser ces balises : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>