L’Éducation et le pouvoir de négociation des fournisseurs; une approche selon Porter

Les bases sur lesquelles s’appuie le modèle des cinq forces de Porter font essentiellement référence, d’une part à la mission de l’entreprise de créer de la valeur sur le long terme, et d’autre part à l’idée que pour survivre et prospérer l’entreprise doit faire face à une intense concurrence. De cette compétition seules les entreprise les mieux armées réussiront à se maintenir sur le marché. Avec quatre autres principes qui sont l’intensité de la concurrence intra sectorielle, la menace d’entrants potentiels, la menace des produits de substitution, le pouvoir de négociation des clients, Porter utilise le pouvoir de négociation des fournisseurs pour expliquer la concurrence en affaire.

Le pouvoir de négociation des fournisseurs représente la capacité des fournisseurs à imposer leurs conditions sur un marché en termes de coût ou de qualité. Cette capacité est inversement proportionnelle à celle des clients. Un faible nombre de fournisseurs, une marque forte, des produits très différenciés sont autant de facteurs qui accroissent pour un client le coût de changement de fournisseur et donc le pouvoir de négociation de ce dernier.
[http://fr.wikipedia.org/wiki/Cinq_forces_de_Porter#Le_pouvoir_de_n.C3.A9gociation_des_fournisseurs ].

Les cinq forces du modèle de Porter

5-forces-porter

On dira alors que le pouvoir de négociation des fournisseurs est fort si les facteurs suivants sont forts :
• La concentration relative des vendeurs par rapport aux acheteurs;
• La différenciation des produits du fournisseur
• Les coûts pour l’acheteur de changer de fournisseur
• La menace d’une intégration en aval du fournisseur

Le pouvoir de négociation de des fournisseurs est aussi fort si la disponibilité des produits de substitution, l’importance du client et son pouvoir de négociation sont faibles.

Le modèle de Porter a le mérite de trouver son application dans pratiquement toutes les industries. Le secteur de l’éducation qui apparemment voudrait se démarquer du label d’industrie ou de secteur d’affaires permet elle aussi aux cinq principes de Porter, et donc au pouvoir de négociation des fournisseurs de confirmer sa validité. Ainsi pour grandir et fonctionner dans un secteur où l’on affirme que seuls les paranoïaques survivent, les intervenants de l’industrie de l’éducation trouvent leur intérêt à tenir compte du pouvoir de négociation des fournisseurs pour faire face à la concurrence.

Internet a provoqué de profondes mutations dans l’industrie de l’éducation. Aujourd’hui, la classe virtuelle occupe une position non négligeable à côté de la salle de classe traditionnelle. Les matériels pédagogiques, les méthodes d’enseignement utilisent pour leur développement les Technologies de l’Information et de la Communication, TIC. Un nouveau concept est né, le e-Learning. Un nouveau segment de marché voit aussi le jour avec des opérateurs particuliers qui utilisent leur pouvoir de négociation pour créer de la valeur.

Qui sont donc ces fournisseurs dans l’industrie de l’éducation et comment exerceront-ils ce pouvoir de négociation?

Les intervenants ne sont pas nombreux mais ils pratiquent des disciplines diverses et variées. Nous retrouvons notamment :

  • Les institutions académiques
  • Les développeurs de matériels technologiques
  • Les développeurs de progiciels
  • Les fournisseurs de contenus
  • Les fournisseurs de services

Le e-Learning, a induit une nouvelle offre de services et les différents opérateurs ont su développer chacun dans leur niche un business model adapté à l’environnement technologique qui désormais sera aussi celui de l’éducation.
Suivant la nature de l’offre considérée, le business model prendra la forme qui permet de générer plus de valeur. On retiendra par exemple la vente de droits d’utilisation de logiciels par exemple pour les entreprises développant des applications de e-Learning. Pour les fournisseurs de contenus sur mesure, par exemple, nous retrouverons comme business model les droits sur les productions créées en fonction du temps passé par les équipes de réalisation et du temps d’occupation des machines mises à disposition. Les centres de formation virtuelle adopteront de leur côté comme business model la rémunération en fonction du « nombre de places » vendues. On comprend aisément que dans ce cas, le nombre de places n’est nullement limité par l’espace physique ou par la disponibilité des formateurs.
Selon Porter, la façon d’intervenir dans une industrie a changé. Et les intervenants de l’industrie de l’éducation doivent aujourd’hui définir clairement la mission de leur industrie, présenter une offre ciblée et novatrice, bien maîtriser leur niche, protéger leur marché et développer leur effet de réseau.

Source de l’image : http://www.cibleus.com/marche-analyse/5-forces-porter.html

http://opus.zbw-kiel.de/volltexte/2003/1288/pdf/dp-287.pdf

Gil Philippe, e-Formation, NTIC et reengineering de la formation professionnelle 2ème édition, Dunod, 2003

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