La «bulle» Facebook?
La participation récente et coûteuse de Microsoft dans Facebook laisse croire à certains que nous serions devant une nouvelle «bulle» technologique basée sur la spéculation lié au web 2.0, similaire à celle qui, en 2000, bouleversa le monde des technologies de l’information par le crach des dotcoms. Par contre, les raisons sont nombreuses pour croire qu’il n’en est rien :
Moins de coûts, plus de ROI
D’abord, les technologies du web 2.0 sont peu coûteuses et souvent ouvertes, alors que les investissements avant 2000 étaient massifs dans des solutions sur mesure. Au même moment, pour la majorité des entreprises, les tactiques web 2.0 sont un complément à une stratégie web globale. La mise sur pied d’un blog ou d’un wiki, la présence sur YouTube ou sur Digg ne remplace pas le lancement d’un site web corporatif, alors qu’avant le crach, les investissements étaient faits dans des modèles d’affaires nouveaux, voire farfelus.
Moins de «pure-plays» risqués
Ensuite, la plupart des sites web actuels ont un retour sur investissement décent, parce qu’ils s’inscrivent dans une stratégie d’entreprise ou un plan marketing. Avant 2000, les règles d’affaires traditionnelles étaient souvent ignorées au profit d’une innovation à tout prix. Rappelons qu’à cette époque, Amazon enregistrait encore des pertes, alors qu’aujourd’hui, l’entreprise fait des profits de l’ordre des centaines de millions de dollars.(1) Ajoutons à cela que la proportion de compagnies en ligne n’ayant pas d’autre sources de revenus est de moins en moins grande. La présence en ligne est passé d’un investissement risqué à un canal de distribution parmi d’autres.
Facebook est-elle similaire aux portails d’avant 2000?
Si Facebook demeure un «pure-play» dont les services sont gratuits, il n’en reste pas moins que l’entreprise, au nombre d’employés plutôt modeste, génèrerait plusieurs dizaine, voire centaines de millions de dollars annuellement en revenus. (2) Facebook en soi ne fait que vendre de la publicité (la réussite de ce modèle est controversé en raison des risques sur la vie privée et du ROI contestable pour les publicitaires). Par contre, Facebook est une commodité adorée de millions d’utilisateurs, et sert d’argument de vente à la plupart des services de communication (téléphonie sans fil, PDA, ordinateurs, lignes internet, etc.).
Un atout coûteux pour Microsoft?
Dans cette optique, Microsoft considère probablement Facebook comme un «loss leader», la caractéristique peu coûteuse qui mènera les utilisateurs vers d’autres produits de Microsoft, comme Hotmail, MSN Messenger, Outlook, ou encore, en spéculant, un éventuel XBox-Portable-Zune-Phone doté de fonctions PDA. De façon plus commerciale, la connectivité entre Facebook et Gatineau ou MS Project serait aussi à explorer. Comme le mentionnait Thane Calder, co-président de Cloudraker à la conférence FacebookCamp Montréal, nombreux sont les utilisateurs réguliers qui seraient prêts à payer un montant raisonnable pour utiliser Facebook, et il s’agit peut-être là d’une façon importante de de rentabiliser l’investissement [en offrant un service complémentaire «avancé»]. La valeur de Facebook est probablement beaucoup plus grande pour ses utilisateurs que pour les annonceurs, peut-être vaudrait-il mieux se tourner vers les utilisateurs en leur offrant des fonctionnalités «pro» ou une connectivité hors du commun avec d’autres outils.
(1) http://finance.yahoo.com/q/is?s=AMZN&annual
http://sec.edgar-online.com/2000/05/15/13/0000891020-00-001049/Section6.asp
(2) http://www.techcrunch.com/2006/12/12/yahoos-project-fraternity-docs-leaked/
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