La Banque du Canada, le chien de garde de l’économie canadienne

La grande crise des années 30 a été une période économiquement plus sévère et tragique que la récente récession. Durant cette dépression, les citoyens canadiens ont vu leur confiance en leur système bancaire se dissiper. Pour remettre les pendules à l’heure et tenter de restimuler l’économie dans le but de sortir le pays du pétrin, le gouvernement a initié la création de la Banque du Canada. La banque ouvrait ses portes en 1935, sous le pouvoir du premier ministre R.B. Bennett. La Loi sur la Banque du Canada a alors été instituée pour assurer l’exercice réglementaire du mandat et des objectifs de la banque en plus de « favoriser la prospérité économique et financière du Canada ».

La Banque du Canada n’est pas une institution bancaire comme les autres. On n’y ouvre pas de compte, ni on y fait la file pour effectuer un dépôt au comptoir. Au contraire, la banque est en fait, une société d’état ou une société de la Couronne avec comme mission de « promouvoir le bien-être économique des Canadiens. » (1). En d’autres mots, elle est «  une organisation fédérale structurée comme une entreprise privée ou indépendante, mais appartenant entièrement au gouvernement. » (2) La banque possède une certaine autonomie tout en relevant du ministre des finances du gouvernement fédéral.

Ceci dit, il est légitime de se demander à quoi sert cette banque? En bref, elle a pour but de gérer les relations économiques nationales et internationales. Dans le rapport annuel de 1995 de la Banque du Canada, il est cité que celle-ci a pour objectif de contribuer au bien-être économique des Canadiens, ce qu’elle fait de trois façons principales : en gérant la croissance de la monnaie de manière à en préserver la valeur; en contribuant à la sécurité et à la santé du système financier; en satisfaisant les besoins monétaires courants des Canadiens. (3)

Tout d’abord, la banque centrale s’affaire à la conception des billets de banque canadiens pour entre autres combattre la contrefaçon. En 2007 encore, plus de
141 000 billets ont été contrefaits. (4) Nombre encore trop élevé, qui a une incidence directe négative sur la valeur de la monnaie mais principalement sur la confiance des citoyens canadiens à l’égard de leur devise. De plus, la Banque du Canada est responsable de contrôler l’émission des billets de banques. À cause de l’usure et des infortunes que peuvent subir les billets de banques canadiens, la Banque du Canada distribue aux institutions financières de nouvelles coupures. Les billets en mauvais état sont déchiquetés, puis envoyés à des sites d’enfouissement. (5)

D’autre part, la banque centrale exécute une stratégie de politique monétaire dans le but de s’assurer de l’efficience des marchés financiers canadiens. En effet, la Banque du Canada est responsable de fixer le taux d’escompte, c’est-à-dire le taux d’intérêt imposé aux institutions financières. Par exemple, les taux hypothécaires offerts par les banques reposent sur ce dernier. De plus, la banque centrale doit maintenir le taux d’inflation à environ 2% pour maintenir la santé de l’économie canadienne. (6) Pour conserver ce pourcentage clé, la banque baisse ou augmente les taux d’intérêts afin de ralentir ou stimuler l’économie.

En outre, la Banque du Canada agit comme conseiller et exécutaire financier du gouvernement fédéral. La banque « gère les comptes du receveur général dans lesquels circulent presque tous les paiements et recettes du gouvernement » (7) en plus de gérer les réserves de change à l’échelle nationale et à l’étranger.  De plus, la banque centrale est responsable de la gestion de la dette publique. Elle conseille le gouvernement pour accélérer le remboursement de celle-ci dans le but de lui fournir une stabilité économique aux citoyens canadiens.

En somme, par la Banque du Canada, le gouvernement s’assure du succès et de la prospérité de l’économie canadienne. Elle institue une politique monétaire, elle contrôle l’émission des billets de banque, elle s’assure de l’efficience des marchés financiers canadiens et de la gestion financière gouvernementale. La Banque du Canada affirmait en juillet dernier que la récession était bel et bien terminée mais le retour à la pleine capacité n’est toujours prévu qu’à la mi-2011. (8)

– Jean-François Deschamps

(1) http://www.bankofcanada.ca/fr/annuel/2008/rapportannuel_2008.pdf

(2) http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0002048

(3) http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0000498

(4) http://www.rcmp-grc.gc.ca/scams-fraudes/count-fals-fra.htm

(5) http://www.bank-banque-canada.ca/fr/bref/monnaie.html

(6) http://www.bank-banque-canada.ca/fr/monetaire/monetaire.html

(7) http://www.bank-banque-canada.ca/fr/bref/fonds.html

(8) http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2009/07/23/004-carney-banque-canada.shtm

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2 Commentaires »

 
  • PierreAndréVigneault says:

    "La Banque du Canada affirmait en juillet dernier que la récession était bel et bien terminée mais le retour à la pleine capacité n’est toujours prévu qu’à la mi-2011."

    J'ai l'impression de la Banque du Canada est un peu trop optimiste quant à sa prévision de retour à pleine capacité en mi-2011. Récemment, je lisais un article au sujet de la Banque du Canada qui mentionnait qu'avant de pouvoir compter sur une reprise complète, il faudra que le système financier mondial se stabilise, et que la Banque élabore des plans stratégiques visant à régler le problème des actifs néfastes et à reconstituer le capital des institutions financières. J'ai bien hâte de voir la suite…

  • [...] de dollars [1]. Comme toute révolution, les règles du jeu doivent être déterminées et ainsi, les gouvernements ont leur mot à dire. Voyons l’exemple des États-Unis, suivi de celui [...]

 

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