La difficulté de rentabiliser les réseaux sociaux

Si vous considérez lancer un nouveau site de réseau social, pensez-y deux fois avant de vous lancer. Tout d’abord, il est évident que pour avoir un site de réseau social compétitif, il faut une masse critique d’utilisateur, alors partir de zéro contre les grands comme Facebook, MySpace, LinkedIn et Orkut, pour ne nommer que ceux-là, la tâche est titanesque. Tout de même, il est toujours possible de se mesurer face à ces géants du web, mais le temps risque d’être long, et pas seulement long, mais très coûteux et avec aucune garantie de récupérer l’argent investie en retour.

Comme on peut le remarquer avec les sites qui existent présentement, rentabiliser un site de réseau social est loin d’être acquis. Facebook, le plus populaire de tous, avec ses 300 millions d’utilisateurs vient tout juste de réaliser un «cash-flow» positif en septembre 2009, tout ça après un peu plus de 5 ans d’activité et plusieurs millions de dollars investis, soit environ 715 millions en date de mai 2009. Forbes estime que Facebook «brûle» près de 200 millions de dollars par année, alors pour se rendre à une entreprise profitable, il faut avoir accès à des millions de dollars, ce qui semble être une barrière énorme pour quiconque désirerait se lancer dans l’industrie.

Pour générer des revenus, il est fort probable que ceux-ci proviendront des publicités affichées sur les pages ou encore avec des inscriptions payantes comportant des privilèges comme la majorité des sites de réseaux sociaux existant. Pour ce qui est du premier modèle d’affaires mentionné, il faut être très prudent de la manière dont on génère les publicités car la moindre petite erreur risque de coûter cher. D’ailleurs, Facebook l’a constaté en novembre 2007 en lançant Beacon, une tentative d’insérer des publicités dans la fameuse section des «Nouvelles» ou «News Feed» de chaque utilisateurs, où l’on peut d’ailleurs voir les activités récentes de tous nos amis. La réaction des utilisateurs fut immédiate et Facebook n’avait d’autre choix que d’annuler Beacon après un mois d’intenses protestations. Cette leçon est très importante, car par la nature d’un site de réseau social, si l’entreprise fait un geste qui déplait à une minorité d’individus, ceux-ci sont en mesure d’afficher leur point de vue efficacement et rapidement en utilisant la plateforme qui leur est offerte, pour en convaincre plusieurs autres. L’effet de réseau qui a permis à une entreprise d’atteindre une masse critique peut se retourner contre eux en générant l’effet inverse ; si la plupart de mes amis quitte le réseau, j’ai beaucoup moins d’intérêt de rester, je quitte donc moi-même et entraîne avec moi le même effet. On voit là un énorme pouvoir de négociation des utilisateurs.

Malgré cette petite erreur de parcours, Facebook sera sûrement en mesure de faire de bons profits d’ici quelques années. Étant donné sa masse critique d’utilisateurs, qui est estimé à près du tiers de tous les internautes dans le monde, Facebook possède une base de données extrêmement riche en information sur ses utilisateurs. Ces informations permettent aux publicitaires d’atteindre un niveau de précision unique dans leurs campagnes publicitaires. Ce qui est malheureux, c’est que la grande majorité d’utilisateurs des réseaux sociaux utilise ces derniers pour socialiser et non pour consommer. L’objectif du CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, de rivaliser avec le géant Google quant aux publicités en ligne semble donc à la limite ridicule. Avant de joueur sur le terrain de jeux de Google, Facebook devrait tout d’abord s’assurer de solidifier sa pôle position sur le sien en limitant Orkut, qui pourrait être un rival de plus en plus important à en croire mon collègue Youssef.

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