La nouvelle économie musicale : entre gratuité et taxation.

L’ancienne économie de la musique  n’arrive plus à donner une valeur marchande et exclusive au contenu musical. Confrontée à la redoutable concurrence de la gratuité, qu’elle soit légale ou illégale, elle cède sa place à une nouvelle économie, accessible en tout lieu et en tout temps et favorisant plus un contenu personnalisé.

Entre 2007 et 2008, le marché  musical québécois a enregistré une perte de 15 % de ses revenus, principalement attribuable au déclin du CD. Au cours de la même période, la vente légale de la musique en ligne a néanmoins connu une croissance, sa part étant passée de 3,4 % à 7,4 % d’un chiffre d’affaires global… en décroissance. 

Pour combler ces grandes pertes, l’ADISQ (Association du disque, de l’industrie du spectacle québécois et de la vidéo) influence activement les décisions gouvernementales au sujet des politiques générales qui régissent l’industrie du disque, de son financement, de la défense des droits des auteurs et de la réglementation de la radiodiffusion.

Au cours des dernières années, elle  prend position contre le téléchargement illégal en ligne en exerçant des pressions sur  les fournisseurs d’accès Internet (FAI)  pour qu’ils participent à financer et à commanditer le contenu musical du Canada.

Dans le cadre de son engagement, le gouvernement a annoncé en juillet dernier qu’il versera 27,6 millions par année au Fonds de la musique du Canada pour appuyer cette industrie, et que cette subvention sera renouvelée pour cinq ans au lieu de trois.

L’ADISQ se réjouit de cette décision d’après la déclaration de Solange Drouin,  directrice générale,  «Les subventions actuelles venaient à échéance en avril 2010. Nous sommes très heureux. Nous avions hâte de savoir quelles seraient les nouvelles subventions»

En plus le gouvernement canadien concentre une partie des subventions au développement de l’industrie des plateformes numériques. Depuis 2001, les recettes provenant de la vente d’enregistrements musicaux ont diminué de 42% au pays. Et aujourd’hui, les téléchargements en ligne représentent 18% des ventes d’enregistrements musicaux au Canada. Pour s’adapter à cette nouvelle économie, le gouvernement canadien a réorganisé le Fonds de la musique et consacrera actuellement  900 000$ par année à l’exploitation du numérique. «L’avenir de l’industrie dépend de sa capacité à innover. Le secteur doit redéfinir ses pratiques», a déclaré le président de MusicAction, Pierre Rodrigue.

Toutefois, le gouvernement  semble contre l’idée d’accorder des redevances aux artistes sur la vente de lecteurs numériques, de clés USB et d’autres dispositifs de stockage, d’après le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, James Moore, qu’il est «peu intéressé à ajouter une autre taxe aux Canadiens, qui sont déjà très taxés».

L’implication  et l’engagement du gouvernement canadien par les subventions et la réglementation  ne semblent pas être suffisants pour relancer l’industrie musicale. Le  contexte  actuel impose aux producteurs de musique de faire une réflexion quant aux modèles d’affaire à implanter dans cet environnement numérique.

«Nous continuons à essayer d’informer notre industrie sur les modèles d’affaire qui se développent au Québec, comme c’est le cas partout dans le monde. Nous voulons inspirer nos professionnels à choisir ou mettre en place ces nouveaux services interactifs … afin de mieux exploiter leurs répertoires» 

Références

http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/200907/31/01-888874-la-subvention-au-fonds-de-la-musique-est-renouvelee-pour-5-ans.ph

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0000024

http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/200904/15/01-846617-lindustrie-de-la-musique-se-penche-sur-les-services-en-ligne.php

http://www.zdnet.fr/blogs/digital-jukebox/contribution-libre-a-la-mission-zelnik-39708471.htm

http://www.quebecoislibre.org/030329-4.htm#g2bas

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