La standardisation et le jeu concurrentiel

Un standard est un ensemble de recommandations issues des expériences de professionnels d’un secteur et préconisées par un groupe représentatif d’utilisateurs. C’est donc un consensus entre ceux qui vendent et ceux qui achètent. Pourtant, le standard peut faire le bonheur des uns et le malheur des autres. Selon Emmanuel COMBES, professeur d’université en sciences économiques : « Je crois qu’il y a une évolution dans le temps : pendant un temps, la standardisation entraîne des effets bénéfiques ; mais à un moment donné, elle peut devenir une entrave. Toute la question est de savoir à quel moment arrêter».
Comment la standardisation peut-elle ainsi impacter le jeu concurrentiel entre les entreprises ?

Une clientèle élargie : Il va de soi que la standardisation est bénéfique pour l’utilisateur. La présence de normes et de standards élargit le choix du consommateur. Au lieu de se soumettre à un produit, il a le pouvoir de décider. Un standard offre une accessibilité, une interopérabilité et une réutilisabilité (norme). Elle permet également aux entreprises d’attirer de nouveaux consommateurs. Un fournisseur de système propriétaire a un client bien défini, clos. Un fournisseur dont les produits sont standardisés peut viser une clientèle plus large voire même transfrontalière si la norme est internationale.

Anti-monopole : concurrence libre et non faussée
Microsoft ne comprend pas pourquoi il doit révéler son code source pour permettre à des logiciels concurrents de tourner sous Windows. Bill Gates attaque alors la Commission Européenne car elle a eu l’impudence de le condamner à payer une amende record de 497 millions d’euros au nom, justement, du respect de la « concurrence libre et non faussée ». L’affaire microsoft revient ainsi sur toutes les lèvres, le géant est-il allé trop loin? Les entreprises veulent toujours être le monopole dans un domaine mais une telle situation n’est pas favorable pour le marché. Elle entraîne un problème d’équité dans le partage des surplus entre consommateurs et producteurs.
La présence de standard permet en partie de contrer cet effet de monopole. En effet, la naissance d’un nouveau standard chamboule la norme imposée par une entreprise monopole. Des firmes concurrentes peuvent décider de créer une standardisation, en la mettant à très faible coût à la disposition des consommateurs (Sony et Philips : lecteur de compact-disc standard). D’ailleurs la standardisation du format OpenDocument peut-être une menace pour Office. Il a déjà obtenu sa reconnaissance en tant que standard auprès de l’OASIS (Organization for the Advancement of Structured Information Standards), puis sa certification ISO, le 3 mai dernier.

Pas de lock in : SAP, Windows et les autres…
Comme expliqué auparavant. Le consommateur n’a plus les mains et les pieds liés grâce à la standardisation. Les standards diminuent l’effet de lock-in : les outils normalisés sont interopérables donc un consommateur insatisfait n’est pas pris avec cette marque. Ajouté à cela une forme de concurrence sur la qualité apparaît avec la standardisation. Comme l’acheteur a un pouvoir décisif : les producteurs doivent créer des produits à prix et à qualité compétitifs.

Source :
Atelier de la concurrence : http://www10.finances.gouv.fr/fonds_documentaire/dgccrf/02_actualite/ateliers_concu/eco_num4.htm
Libération : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2006/05/microsoft_contr.html
Norme et standard : http://wiki.univ-paris5.fr/index.php?title=Special:PdfPrint&page=Norme

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