Les banques centrales testent les nouveau outils

Est-ce que la politique monétaire de banques centrales  peut être innovatrice? À de rares exceptions près, non.  Les banques centrales jouent un rôle régulateur sur la scène macroéconomique qui les responsabilise face à leurs engagements envers la stabilité financière. En règle générale, si les innovations  comportent un risque d’erreur considérable ou une incertitude, les banques centrales préféreront ne rien faire que de faire une erreur potentielle. Cela explique pourquoi les banques régulatrices négligent totalement la plupart des propositions d’experts financiers.

Toutefois, au cours de turbulences financières récentes, les banques régulatrices ont déployé  une habileté surprenante, lorsque les anciennes techniques ont éprouvé des difficultés majeures à endiguer la situation. Les nouveaux outils financiers ont été mis à l’épreuve.

Les banques centrales des pays occidentaux, soumis à une contrainte de la politique de taux d’intérêt  proche de zéro, ont expérimenté avec quelque uns des nouveaux outils financiers suivants :

  • Énonciation de l’obligation formelle de maintenir les taux d’intérêt proches de zéro jusqu’à l’apparition des signes visibles de reprise économique dans le but de gérer les attentes des taux d’intérêt à long terme;
  • Expansion des opérations sur les marchés financiers à l’effet d’injecter des liquidités et de stimuler l’offre de crédit;
  • « Atténuation quantitative » (quantitative easing): achat direct au marché financier des obligations gouvernementales à long terme pour réduire le taux d’intérêt;
  • « Atténuation du prêt » (credit easing): achat direct au marché financier de l’obligation privée afin de stimuler l’offre de crédit.

L’atténuation quantitative a été  récemment introduite par la banque centrale du Japon. Cette méthode a largement été utilisée par les banques régulatrices du Canada, de la Grande-Bretagne et de l’Union européenne. Quant à l’atténuation du prêt, elle a été adoptée aux États-Unis  dès le début de l’année 2009.

Ces  instruments financiers n’ont pas été employés dans les pays en développement en raison du rôle secondaire de marchés de valeurs mobilières. Nonobstant, les banques centrales de ces pays  ne sont pas restées inactives non plus, mais elles ont eu recours à un ensemble de mesures différentes, dont les plus fréquents étaient l’amollissement  des paramètres de réserves obligatoires et l’institution de garantie des dépôts bancaires.

À l’heure actuelle, la question à savoir si les nouvelles méthodes de politique monétaire sont justifiées et reste ouverte jusqu’à la fin de la crise économique. Néanmoins, il est déjà évident que les innovations nées en période de difficultés économique resteront dans l’arsenal des banques centrales. [i] [ii]

 


[i] http://slon.ru/blogs/moiseev/post/198529/, 2009-12-07

[ii] http://www.globalix.fr/content/etats-unis-place-au-credit-easing, 2009-12-07

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1 Commentaire »

 
  • PierreAndréVigneault says:

    Très intéressant! Je suis loin d'être analyste économique, mais le maintien de la politique monétaire jusqu'à la fin de la crise économique est à mon avis très justifié. En effet, la politique monétaire déploie actuellement beaucoup d'énergie à l’amélioration du fonctionnement du marché du crédit, ce qui à mon avis est crucial. Cela permettra de fournir directement des liquidités à certains marchés clefs, ce qui (j'ose l'espérer!) pourrait contribué à la facilitation de la reprise économique.

 

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