Les perceptions positives du public envers Google s’éroderont-elles ? ( Vie privée, censure)

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8 Commentaires »

 
  • Mehdi jakani says:

    Gare au loup ! S’ecrient certains…
    Voici un article pas trop recent mais qui montre justement que Google commence à inquiéter par sa taille et ses activités…j’ai découvert cet article dans un magazine l’année derniere…j’ai trouvé l’archive qui est postée ci-dessous:
    http://www.caminteresse.fr/votre_magazine/n_306_mardi_01_aout_2006/pourquoi_la_machine_google_fait_peur

  • Marc-Antoine Lacroix says:

    Google est l’engin de recherche le plus utilisé du le web (http://www.seologic.com/pdf/faq-most-popular-search.pdf). Nous donnant accès à un peu plus du quart des pages disponibles, Google est un engin de recherche très pratique, très rapide et très efficace. Aujourd’hui, Google est une vaste entreprise qui offre une multitude de services pour les millions d’utilisateurs du web dans le monde. Google est presque devenu en soi, une immense base de données où s’accumulent des informations de toutes sortes. Cependant, ne va-t-elle pas trop loin? Y a-t-il une ligne que Google ne doit pas franchir pour endommager son image?

    Le principe de base en microéconomie est le suivant : ‘les individus choisissent ce qu’il y a de meilleur parmi ce qui leur est accessible’ (VARIAN, Intro à la microéconomie, p.42). Tout individu est confronté à des contraintes; budgétaires, temporelles, physiques, politiques etc. Cet individu cherche à maximiser son utilité (ou bien-être) en fonction de ces contraintes. L’Internet est, incontestablement, un outil extraordinaire pour effectuer des recherches et sauver du temps: ‘Internet technology offers new forms for social and economic enterprise, new versatility for business relationships and partnerships, and new scope and efficiency for markets.’(BRYNJOLFSSON, Understanding the Digital Economy, p.1). L’utilisation d’Internet convient donc parfaitement à la théorie classique du consommateur.

    Dans cette logique microéconomique, tout bon engin de recherche doit aider le mieux possible un utilisateur à trouver ce qu’il cherche. Ainsi donc, si Google est vraiment l’engin le plus rapide et qui recense le plus de pages web, il n’existe alors aucune raison qui me pousserait à utiliser un autre outil de recherche puisque je désire maximiser mes efforts selon mon temps.

    Depuis quelques années, BuisnessWeek publie ‘The 100 Top Brands’ (lien à la fin du commentaire). Ce palmarès établi par Interbrand, classe selon des paramètres bien définis, la valeur monétaire intangible de la marque commerciale sur les marchés. On retrouve ainsi un classement des marques qui ont le plus d’influence sur les choix des consommateurs. En 2004, Google n’était pas classée. En 2005, Google se trouvait en 38ème position. En 2006, celle-ci était classée en 24ème. En 2007, Google est en 20ème place. En 2 ans, la valeur de la marque Google a donc augmentée de plus de 80% (44% entre 2005 et 2006, 46% entre 2006 et 2007), soit la hausse la plus importante de ce classement. Bien que l’espace temporel soit trop restreint pour y dégager une tendance à long terme, notons que le fait que le dictionnaire d’Anglais Oxford ait inclus le verbe ‘to google’ en dit bien long sur la force de la marque aux yeux des internautes…

    Maintenant, revenons à la théorie microéconomique. Nous avons dit que le consommateur cherche à maximiser son bien-être en fonction de contraintes. Ceci est bien joli à court terme, mais peut causer des problèmes à plus long terme. Bien qu’il existe beaucoup de concepts économiques qui puissent expliquer pourquoi, nous nous en tiendrons avec le concept du monopole pour poursuivre.

    Toutes choses étant égales par ailleurs, si la tendance se maintient Google pourrait bien un jour prendre le contrôle du web. La grande variété de services offerts par cette entreprise et l’accès facile à ceux-ci poussent bien des internautes à les utiliser jour après jour. Petit à petit, un monopole s’installe. Que signifie un monopole? Pour l’entreprise, c’est le bonheur total. Elle contrôle le marché et peut facilement maximiser ses profits sans les soucis de la concurrence. Pour le consommateur, c’est la situation inverse. Il est obligé de se plier aux règles imposées par le monopoleur et en payer le prix. Cependant, maintenir un monopole dans un contexte numérique peut-être une chose très difficile; il faut s’assurer d’avoir un effet de réseau très puissant et que les utilisateurs soient vérouillés (lock-in)(VARIAN, Introduction à la microéconomie,p.681).

    De plus, rien ne nous empêche de croire qu’un jour, les gens considèreront que Google est allé trop loin dans l’invasion de la vie privée. On assistera ainsi à un changement dans les préférences. À ce moment-là, les gens n’auront plus l’impression de maximiser leur utilité sous contraintes et les perceptions positives du public envers Google s’éroderont.

    The Top 100 Brands 2006 publié par BusinessWeek:

    http://bwnt.businessweek.com/brand/2006/index.asp?sortCol=rank2006&sortOrder=ASC&pageNum=1&resultNum=100&sector=

    Le classement 2007 par Interbrand:

    http://www.interbrand.com/surveys.asp
    dans ‘Best Global Brands 2007’

  • DanielPiche says:

    Les perceptions positives du public envers Google s’éroderont-elles ?

    Je pense qu’avec la quantité d’information personnelle que Google collecte sur ses utilisateurs, il est normal que certains commencent à avoir peur. Google a accès à notre historique (engin de recherche), à nos courriels (GMail), à nos transactions financières (Google Payments), à nos déplacements (Google maps), à nos photos (Picassa), à nos vidéos (Youtube), à nos habitudes d’achat (Google Product Search), à nos habitudes de navigation (Google Analytics)… Bref, Google possède une véritable mine d’or d’information sur des millions d’individus. De plus, la forte majorité des gens, ignore tout simplement à quel point ils sont surveillés sur le Web. La réalité est que Google collecte absolument tout ce qu’elle peut et le conserve fort longtemps. Peut-on faire confiance à Google pour gérer notre dossier virtuel?

    Ça devient encore plus inquiétant quand on pense à leur logiciel Google Toolbar (Barre d’outils Google). Google se permet de lire les fichiers témoins (cookies) et même de mettre à jour le logiciel sans l’accord de l’utilisateur. Donc, Google a un accès complet au disque dur! On pourrait aussi discuter du logiciel Google Desktop. Ce logiciel stocke vos fichiers directement sur les serveurs Google. Définitivement à éviter pour ceux qui souhaitent protéger leur vie privée.

    Un organisme de défense de la vie privée, Privacy International, a récemment analysé une vingtaine de compagnies entre elles pour déterminer leur degré d’atteinte à la vie privée. Le rapport complet peut être consulté ici : http://www.privacyinternational.org/issues/internet/interimrankings.pdf. Google est classé bon dernier et est même considéré hostile à la vie privée des gens. C’est plutôt comique de voir que même Microsoft a mieux réussi le test que Google. Pas étonnant qu’on commence à entendre des comparaisons entre Google et Big Brother!

    Pour l’instant, Google semble avoir la confiance des internautes, mais un incident pourrait rapidement faire changer cette tendance. L’existence de cette gigantesque base de données d’information personnelle suscite évidemment l’intérêt de plusieurs groupes, comme les gouvernements et les criminels. Même si Google fait le maximum pour sécuriser ses bases de données, je ne pense pas que la compagnie soit à l’abri du piratage. Si l’information tombait entre de mauvaises mains, on pourrait assister à plusieurs actes criminels, comme le vol d’identité par exemple. Puis si les gens étaient conscients à quel point ils sont surveillés, je pense que leurs habitudes en ligne seraient quelque peu modifiées. En d’autres mots, Google nous impose un nouveau code de conduite à suivre sur Internet.

    Bref, Google est devenu peu à peu une menace pour la vie privée des gens sur Internet et je pense que la perception positive du public en souffrira. C’est un peu paradoxal de voir une compagnie avec la devise « Do no evil » qui va clairement contre le respect de la confidentialité des individus en stockant absolument tous leurs faits et gestes. Présentement, cette fameuse base de données n’a pas encore causé de tort, mais il sera intéressant de voir ce que l’avenir nous réserve. La vraie question est : qu’est-ce que Google fera avec cette mine d’information?

  • Alexandre Guimond says:

    Les perceptions positives du public envers Google s’éroderont-elles?
    ou “La notion de confiance présentée par Vallée et Mackay appliquée au future de Google en quelques lignes..”

    Le succès de Google réside dans le fait que ses utilisateurs lui font confiance. Cette confiance s’établit en fonction d’une panoplie de facteurs(1). Ces facteurs incarnent une opinion commune aux utilisateurs et, sur une période de temps plus longue, forme finalement la réputation de l’entreprise. Cette réputation est garante de la pérennité de Google et celle-ci n’est préservée que si le public ne craint pas d’être victime d’opportunisme.

    Un processus rationnel simple place l’usager devant des sources d’information diverses. Invité à faire un choix parmi les différentes options, l’usager cherche à favoriser son plus grand avantage. Ce choix s’apparente à un pari. En effet, incapable de connaître parfaitement toutes les implications de sa décision, il doit alors évaluer les gains et pertes possibles associés à sa décision. Il compare ensuite le degré de risque attaché à l’opportunisme dont pourraient faire preuve les différentes parties impliquées(2). Trois caractéristiques permettent de décrire un comportement opportuniste: l’asymétrie du pouvoir, l’avantage indu et le seuil de gravité(3). Une entreprise profitant d’une forme de “monopole situationnel ou temporel” peut parvenir à soutirer un avantage à un utilisateur qui n’a pas préalablement donné son accord. Cet avantage peut varier en gravité et même appeler à des conséquences plus sévères. Selon plusieurs auteurs, la solution la plus efficace à ce problème est l’information. Celle-ci recoupe en quelque sorte les différentes sources de la confiance. La perception de l’utilisateur dépend, en bout de ligne, du type et de la qualité de l’information prise en compte. En favorisant la disponibilité et l’accessibilité de cette information, un utilisateur parviendrait à prendre une décision confiante puisqu’il comprendrait mieux l’ampleur du “risque” qu’il prend. C’est ici que Google a le devoir d’assurer la promotion efficace de cette information.

    Sans faire l’étalage de toutes les parties prenantes gravitant autour de Google, deux relations distinctes rendent difficile son champs d’action. En effet, Google doit à la fois respecter un mandat face à ses utilisateurs, livrer l’information la plus pertinente et la mieux organisée en retour d’une recherche, tout en respectant un mandat plus corporatif, qui est très minimalement de satisfaire sa clientèle, de payer ses employés, de survivre à la compétition et de grandir. En deux questions: “Est-ce qu’une entreprise peut, dans le même geste, répondre aux besoins de toutes les parties prenantes sans effectuer de compromis discutables?” et dans le cas de Google: “Que penser lorsque ce geste est resserré autour du commerce même de l’information, information que nous disons cruciale pour nos propres décisions?”

    En bref, Google est en position de force. Son modèle d’affaire et la réalité économique à laquelle il appartient indiquent qu’il y a certainement une asymétrie de pouvoir et que l’entreprise est en position de profiter des utilisateurs à leur détriment. Autant de pouvoir évoluant autour d’une entreprise largement privée ne peut qu’effrayer et cela rend les décisions autant plus délicates. Toutefois, en mettant dans la balance les différentes politiques adoptées par la compagnie(4), ses devoirs envers les différentes parties penantes, sa croissance rapide et son comportement des dernières années, le constat semble toujours plus positif que négatif. Même si quelques décisions difficiles plus grises ont été prises dans les dernières années, il est difficile de se prononcer absolument contre Google(5). À mon avis, le défi de Google sera d’outrepasser le doute que des décisions aux implications complexes peuvent soulever par une transparence plus appuyée. Il s’agira de prouver que l’identité revendiquée par l’entreprise est cohérente avec ses actions. Google pourrait penser à rendre mieux disponible l’information liée à ses actions par la mise en place d’un lieu de référence et de discussion dédié à sa mission corporative, qui est aussi celle de respecter ses devoirs envers les utilisateurs.

    (1) Mentionnons à titre d’exemple l’intention de l’entreprise, sa compétence, la satisfaction de l’usager et sa distribution comparée sur ses mulitples expériences. voir à ce sujet le texte de Pierre-Hugues Vallée et Ejan Mackaay, “La confiance. Sa nature et son rôle dans le commerce électronique.”
    (2) Par exemple, un futur client, cherchant à mieux connaître son site web, évalue la possibilité de s’enregistrer au sevice Google Analytics. Il compare les avantages de bénéficier de statistiques détaillées au désavantage possible que Google s’en serve aussi pour mieux cibler les prix ou les fonctionnalités de son service publicitaire. Le futur client sera-t-il victime d’opportunisme?
    (3) Ces caractéristiques sont présentées par Mackaay, Leblanc et al. Opcit.
    (4) Voir http://www.google.com/corporate/index.html .
    (5) Plusieurs décisions dépendent de positions éthiques largement différentes. Par exemple, il existe près de 113 sites bannis sur les versions française, allemande et américaine de Google. Ces sites se prononcent sur des valeurs religieuses (anti-scientologie comme http://www.xenu.org), des valeurs morales (à caractère racistes comme http://www.whitepower.org) ou des valeurs sexuelles (Google coopère avec certains gouvernements pour contrer les sites de pornographies infantiles). Certaines publicités sont aussi interdites, notamment celles visant à annoncer de l’alcool fort. Son arrivée en Chine a aussi soulevé beaucoup de discussions. (voir cyber.law.harvard.edu/filtering/google/ et http://www.google-watch.org/china.html). Toutes ces décisions dépendent pourtant de choix de sociétés qu’il est difficile pour une entreprise aux branches internationales d’assumer sans réactions.

  • Joëlle Bergeron Poudrier says:

    Les critiques visant Google se multiplient depuis leur décision de censurer les résultats de recherche sur google.cn au début 2006 à la demande du gouvernement chinois. Cette pratique va vraisemblablement à l’encontre de leur volonté de : « rendre l’information accessible universellement [Traduction libre](1)». Suite à cet acte, plusieurs exprimèrent leur mécontentement face à Google. Du jour au lendemain, Pamela Geller, propriétaire du blog atlasshrugs.com, se disait prête à enlever toute publicité Google de son site, de ne plus utiliser l’engin pour faire de la recherche et invitait tout le monde à vendre leurs actions(2). Le site noluv4google.com appelait même à la rupture définitive avec Google le 14 février 2006, jour significatif de la St-Valentin(3). Plus de 7 000 utilisateurs au cœur brisé répondirent à l’appel. Depuis cet épisode, il y a plus d’un an, on trouve sur atlasshrugs.com une barre de recherche Google, un clip de Google Video ainsi que la mention : « ads by Google » (!) Preuve que la peine d’amour fut passagère…

    Peut-on vraiment penser que la soumission de Google face au gouvernement chinois suffirait à faire baisser sa côte de popularité ? Google figure au 4e rang des entreprises ayant la meilleure réputation auprès des Américains dans la charte du « Annual RQ » d’Harris Interactive. Devançant de loin une cinquantaine d’entreprises qui existent depuis plus de 100 ans comme Coca-cola ou Walt Disney.

    Le sondage « Annual RQ » mesure la réputation des corporations les plus visibles aux États-Unis. Il évalue la perception des parties prenantes sur 20 attributs des six dimensions de la réputation tels que : les produits et services, la performance financière, l’environnement de travail, la responsabilité sociale, l’attrait émotionnel puis la vision et le leadership.
    Google apparu pour la première fois au palmarès en 2005, avec une avance définitive, au 3e rang et une cote de 79.52%. Selon Ronald Alsop le responsable de l’étude : « Habituellement une compagnie prend 10 ans pour bâtir sa réputation alors que Google a réussi en seulement sept ans [Traduction libre]. (4)». Un an avant le début des écarts de conduite de la compagnie on en disait que du bien; l’outil était indispensable et il n’avait pas de prix(5). Suite à ses fresques, la cote de popularité n’a cessé d’augmenter pour s’établir à la fin de 2006 à 79.81%. Une hausse par rapport à l’année précédente, et ce malgré la hargne des utilisateurs et l’appel au boycott.

    En août de cette année, la part de marché de Google aux États-Unis s’établissait à 56.5%, une avance de 1.3% par rapport au mois précédent(6). Google jouit donc d’une cote de confiance grandissante. Il faudra donc bien plus pour venir tuer l’amour inconditionnel que ses utilisateurs lui vouent. Reste à voir si l’achat de DoubleClick, effectué au printemps 2007, est venu teinter l’optimisme des consommateurs quant à la confidentialité de leurs informations. Ainsi, je vous invite à consulter les résultats du « Annual RQ » pour 2007 qui seront publiés d’ici la fin de l’année sur le site suivant : http://www.harrisinteractive.com/rq afin de faire état de la chose.

    Références :
    (1)Google, Google Corporate Information: Company Overview, [En ligne], , consulté le 21 septembre 2007.
    (2)Bray, Hiawatha, «Google china censorship fuels calls for us boycott ; some american users also urging investors to sell service’s stock» , Boston Globe, 28 janvier 2006, p. A.10.
    (3)Students for a free Tibet, Valentine’s Day Protests, [En ligne], , consulté le 21 septembre 2007.
    (4)Alsop, Ronald, Ranking Corporate Reputations — Tech Companies Score High in Yearly Survey As Google Makes Its Debut in Third Place; Autos, Airlines, Pharmaceuticals Lose Ground, [En ligne], , consulté le 21 septembre 2007.
    (5)Harris Interactive, Annual RQ, [En ligne], , consulté le 21 septembre 2007.
    (6) Lalonde, Denis, [En ligne], Google encore loin devant Yahoo et Microsoft, Les Affaires, , consulté le 21 septembre 2007.

  • 11091293 says:

    En commençant, une petite anecdote : en septembre, dans l’état du Wisconsin, les autorités policières ont arrêté un trafiquant de drogues qui venait de récolter 9 kilos de marijuana dans sa plantation.

    Vous me direz, quel est le rapport avec Google et notre sujet ?

    Eh bien, récemment, les services policiers de certains états américains commencent à utiliser le service de Google pour analyser les photos satellites de Google Earth afin d’identifier des zones de culture de cannabis. Je cite un des officiers de police : “C’est beaucoup moins cher que le survol par hélicoptère”.

    Par comparaison avec leur système cartographique et les images satellites de Google Earth, les autorités identifieraient également des modifications dans le paysage comme la construction de piscines ou de bâtiments n’ayant pas reçu d’autorisations.
    Ceci n’est ni un poisson d’avril de Google, ni un extrait d’un feuilleton de science fiction, cela est bien réel.
    Je me permettrais d’ajouter, que sans pouvoir me passer moi-même de ce moteur de recherche très ingénieux, la plupart des nouvelles acquisitions de Google n’ont plus rien à avoir avec l’optimisation de leur algorithme d’indexation:
    « Organiser l’information mondiale et la rendre universellement accessible et utile à tous », telle est la mission ‘’quasi- biblique’’que s’est fixée la société lors de sa création en 1998, par les deux brillants fondateurs.
    Dans certains cas, nous sommes bien loin de leur objectif premier comme en témoignent leurs dernières acquisitions :
    • Adscape Media : Société canadienne spécialisée dans l’insertion de publicités dans les jeux vidéo. Achetée en mars 2007 pour 23 millions de dollars.
    • Trendalyzer : logiciel de visualisation de données développé par la fondation GapMinder. Racheté en mars 2007 pour un montant non communiqué.
    • DoubleClick : Régie publicitaire, en avril 2007 pour 3,1 milliards de dollars.
    • FeedBurner : en mai 2007, Plateforme de gestion des flux RSS/Atom pour 100 millions de dollars.
    • Panoramio : en mai 2007, Société espagnole proposant des millions de photos liées à des emplacements géographiques.
    • GrandCentral : en juillet 2007.
    Et c’est là ou réside toute la complexité de la machine planétaire Google.
    Sa croissance a été tellement fulgurante, que même ses fondateurs ou les investisseurs ne s’y attendaient pas, encore moins les utilisateurs.
    Effectivement Google est toujours ‘’l’enfant chéri’’ de la Silicon Valley qui fait bonne figure à côté des Microsoft de ce monde qui, il n’y a pas si longtemps ont dû faire face à l’un des procès commerciaux les plus complexes du monde politico-juridique.
    On reprochait à un certain Bill Gates de viser une situation de monopole et …bien sûr d’en profiter. Et pourquoi ? Parce que cela va à l’encontre du principe universel du choix et plus pragmatiquement, contre la concurrence et donc tuerait l’innovation.
    Pourrait-on se demander si Google se dirige vers cette même situation monopolistique tant craint des organismes de régulation et du commun des mortels.
    Pour le moment, nous allons sur Google car c’est le meilleur moteur de recherche au monde, mais quand sera-t-il dans 5, 10, 20 ans. Peut-être auront-ils déjà acheté leur meilleur challenger.
    Revenons à notre question de savoir si les perceptions positives du public vont-elles s’éroder, se dissiper.
    Les experts et analystes s’accordent déjà à dire que Google, par ses dernières acquisitions, se dirigent ou plutôt dirigent ces clients vers un Lock-in, du moins dans le domaine du Web media.
    YouTube leur permettrait de contrôler la prochaine génération de Rich Media basé sur la reconnaissance d’images, la compagnie domine déjà le marché de la publicité contextuelle avec son programme Adsense et Adword. DoubleClick vient renforcer cette position dominante en leur permettant d’améliorer leur ciblage selon les profils de clients..excusez-moi, les profils de visiteurs.
    Adscape Media les propulse dans le monde de la publicité sur jeu vidéo.
    Le pasteur du ‘’do no evil’’ ne serait-il pas devenu simplement une ‘’machine à cash’’, un genre de casino sur internet qui joue avec des capitalisations de plus de 100 millions de $ sur le NASDAQ comme on jouerait avec des jetons.
    Sans aucun doute, et nous cesserons de le répéter, leur moteur de recherche et leur mission d’indexer le plus grand nombre de pages et de donner le plus d’informations est très louable mais cela n’empêchera pas certains compromis au nom de l’évolution.
    Toute entreprise, en grandissant, doit jouer le jeu de la bourse et pour exister, Google comme les autres doit inventer de nouveaux modèles d’affaires, pénétrer de nouveaux marchés, faire preuve de stratégie, acheter des concurrents, etc…
    Le strict respect de la vie privée sur internet est déjà un concept difficile à imaginer.
    Google, qui indexe 25 % du Web, n’échappe à cette règle, il y aura des failles, cela est certain.
    Début 2006, la société californienne a donc proposé au gouvernement chinois de filtrer certains résultats sensibles afin de lancer son portail Google.cn et d’implanter ses propres serveurs en Chine. Il y a eu censure mais le dirigeant Eric Schmidt, CEO de Google s’est justifié en déclarant « qu’il fallait jouer avec les règles chinoises ou ne pas aller en chine ».
    Évidemment, les utilisateurs de Google, certains seront désenchantés par ces compromis mais combien le seront au point de ne plus l’utiliser, un Internet sans Google serait inimaginable, comme une bibliothèque sans manuscrits.
    La question est de savoir si vraiment lorsque Google aura franchit la limite, les visiteurs pourront-ils se tourner vers un concurrent ?….Ce dernier, nous l’aurons peut-être même pas aperçu dans le plus grand panier au monde, achat après achat.

  • SimonEthier says:

    Google a beaucoup gagné, dans ses débuts, de l’objectivité des résultats que son engin de recherche proposait. De même, lors de ses récentes acquisitions et développements, l’entreprise a très peu caché ses intentions, et ce fut tout à son avantage. Par exemple, on sut très rapidement que GMail allait filtrer les courriels qui transitent dans sa plate-forme afin de proposer à l’utilisateur une publicité mieux ciblée. On sait aussi depuis au moins 2002 que l’engin de recherche censure certains contenus (1). Par contre, il est très difficile de savoir si la connaissance de ce processus a réellement réduit la popularité de GMail ou de Google en général.

    Quelle opacité, quel abus?

    Google a rarement caché ses objectifs, mais cultive un secret jaloux au sujet de ses méthodes (l’algorithme de l’engin de recherche, en premier lieu). Aussi, la plupart des usagers habitués au web (et leaders d’opinion) savent que les revenus de Google proviennent de la vente de publicité ciblée. Plusieurs de ces usagers gèrent (en dépensant) eux-mêmes des campagnes de publicité sur Google, ou encore bloguent en critiquant Google. Tous disent connaître Google, Pourquoi continuent-ils d’utiliser, en tant que particuliers, les services de Google (la barre d’outils, la recherche, GMail)?

    Premièrement, les services sont utiles, bien conçus, et les usagers perçoivent qu’ils gagnent plus à les utiliser (ces leaders d’opinion sont surtout des professionnels du web ou des annonceurs) que ce qu’ils y perdent (ou risquent de perdre). Ensuite, parce qu’il y a encore des substituts fonctionnels à Google, sauf spécialement dans le domaine de la publicité énoncé plus haut. Google demeure donc soit évitable, soit profitable, et c’est paradoxalement pour cette raison qu’on l’utilise toujours. Dans d’autres cas, comme avec Microsoft, faire affaire avec l’entreprise est à la fois coûteux et inévitable, ce qui mine nécessairement la satisfaction de la clientèle.

    Google, un gardien?

    The Economist (2), le mois dernier, affirme qu’il vaudrait mieux comparer Google aux grandes banques qu’à Microsoft, Google devenant, à l’instar des grandes banques, graduellement le gardien des renseignements personnels de milliers d’usagers. En suivant cette comparaison, la réputation positive de Google aura tôt fait de s’éroder au niveau de celle des banquiers. Or, l’usager moyen connaît mal la valeur de ses informations, et c’est de là que dépend la croissance de Google : on ne perçoit pas que l’on donne notre information à Google, alors que l’on perçoit facilement que l’on effectue un placement financier. Là toujours, on peut prévoir que la perception de Google changera peu, tant qu’elle ne publicise pas trop des profits que certains qualifieraient, comme ceux des banques, d’indécents. Il resterait à savoir ici si être profitable signifie faire du mal.

    Pouvoir, vouloir, et faire

    Notons finalement, que, si Google a connu une ascension fulgurante, elle peut aussi être soudainement boudée. D’une part, l’entreprise a énormément de pouvoir, des contrats d’adhésion qui lui donnent le droit d’utiliser énormément d’informations, mais le ferait-t-elle, devant le tollé que cela susciterait? Ensuite, la notion du bien et du mal chère à l’entreprise (Do no evil) est sujette à interprétation et varie selon les pays. L’argument avancé afin de justifier la censure des contenus sur Google.cn est justement que la censure de quelques sites vaut mieux que de bloguer l’accès à l’ensemble de Google (3). On pourrait aussi avancer qu’il est bien de bloquer l’accès à d’autres sites à contenu répréhensible , Google ayant déjà censuré des sites à caractère raciste (1). Si Google marche sur des œufs, elle peut toujours plaider le relativisme et argumenter que toutes ses pratiques sont alignées avec cette devise qui, finalement, doit conserver son rôle de… devise.

    Google a tout d’un géant menaçant et sous haute surveillance, mais l’ambiguïté de ses intentions, son utilité et la liberté quant à son utilisation peuvent encore entretenir sa réputation.

    (1) Bill Thompson, Google censoring web content, BBC News, 25 octobre 2002, http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/2360351.stm
    (2) _, Who’s afraid of Google? The Economist, 30 août 2007, http://www.economist.com/opinion/displaystory.cfm?story_id=9725272
    (3) John Wang, Google defends against censorship of web sites, ABC News, 25 janvier 2006, http://abcnews.go.com/Technology/Business/story?id=1540568
    Autre lien intéressant :
    Jimmy Guterman, The Economist on Google, Power, and Transparency, O’Reilly Radar, 31 août 2007, a href=”http://radar.oreilly.com/archives/2007/08/the_economist_o.html

  • Mehdi jakani says:

    Les perceptions positives du public envers Google s’éroderont-elles ? (Vie privée, censure)
    Présentons tout d’abord Google en quelques faits saillants :

    - 32,5% du trafic vers les sites Internet passe par les moteurs de recherche. Google écrase la concurrence.
    - Aux États-Unis, 50% des internautes utilisent Google comme premier moteur de recherche contre 20% pour Yahoo et 10% pour Msn.
    - En Europe, situation quasi monopolistique avec 85% des recherches.
    - Google est une puissante régie publicitaire avec un chiffre d’affaire généré en 2005 de 2,6 milliards de dollars.
    - En 2004, Google est introduit en Bourse. Aujourd’hui la compagnie dépasse les 100 milliards de dollars de capitalisation.

    Par ces chiffres, on comprend que le numéro 1 du Web à les moyens de ses ambitions plutôt démesurées et c’est ce qui commence à inquiéter…

    À priori les fondateurs ne cherchent pas à faire de l’argent mais plutôt de rejoindre un idéal qu’est de répertorier le savoir humain et le rendre universel à tous, car selon Sergey Brin cofondateur, « l’impossible est méprisable » et cela ouvrirait un monde meilleur accessible par le partage de l’information…
    Le mot clé ici est partage. Dans quel sens se partage l’information ?
    Dans tous les sens mais vers Google en tous cas.
    En effet, à la base Google n’était que l’entreprise qui possède le meilleur moteur de recherche du Web en termes de rapidité, de classification et de pertinence des résultats. Google a donc le meilleur moteur, les meilleurs ingénieurs et…beaucoup d’argent. Tout d’un coup Google se lance dans une multitude de produits « gratuits » disponibles à tous : Froogle pour comparer les prix des articles que Vous compter acheter, Google News pour afficher les nouvelles qui Vous intéressent le plus en compilant plus de 4 500 sources d’information, Google Talk pour de la messagerie instantanée, Google Earth pour avoir un cliché satellite haute résolution de Votre domicile en tapant tout simplement votre adresse dans la barre de recherche, Picasa pour organiser, retoucher et mettre en ligne Vos souvenirs…et un compte Gmail pour cimenter le tout et permettre une sollicitation publicitaire en fonction du contenu de Vos correspondances…
    Oui, Google est aujourd’hui presque partout sur Internet et de plus en plus dans le monde numérique. Son moteur à lui c’est Vous. Cette information universelle n’est pas gratuite, son prix c’est Vous et tout ce qui peut constituer votre personne car ces informations personnelles forment votre profil qui est de plus en plus précis et c’est cela que Google monnaie aux annonceurs et permettre ainsi le Nirvana du marketing pour les annonceurs, le one-to-one marketing.
    En route pour le meilleur des mondes ? Si l’entreprise ne cherche pas à faire de l’argent a première vue pourquoi s’intéresse t- elle à vos gouts, votre courrier, vos achats et maintenant votre ADN ?
    Google inquiète par ses tentacules de plus en plus longs et nombreux tellement les projets de diversification de produit fleurissent au sein de la compagnie : Début avril 2006 la ville de San Francisco retient la proposition de Google après appel d’offre, pour installer un réseau Wi-fi gratuit pour toute la ville et ainsi permettre à n’importe qui de se connecter gratuitement dans la rue de voir sa position exacte sur la carte satellite de Google Earth et aussitôt se faire solliciter sur la carte par les publicités des magasins se trouvant sur le chemin de la personne.
    Ceci ressemble de plus en plus à du Google Brother. Même si la devise « Do no evil » est inscrite en grand sur les murs de l’entreprise permettez moi d’en douter lorsqu’on constate que dans l’affaire BMW Allemagne, Google a banni cette dernière de son répertoire pour motif d’optimisation de site frauduleuse pour apparaître premier dans les résultats…Décision arbitraire ? Google était en tout cas juge et partie.
    Google est un phénomène qui intéresse de plus en plus le grand public et ses dessous commencent à être révélés via la Télévision. Pour les plus craintifs, ils semblent s’accrocher aux règles et droit du respect de la vie privée et des données personnelles. Pour un autre plus grand nombre de personnes, cela fait partie de l’évolution normale de notre société ou l’information personnelle est faite pour être partagée pout être mieux servi en retour…
    Je me pose encore la question suivante : Quels peuvent être les dangers de la diffusion At large des informations personnelles avec les entreprises ?

    Voici un documentaire de la chaine culturelle franco-allemande Arte qui relate de manière captivante et efficace l’histoire et les enjeux de Google liés aux données privées : « Faut-il avoir peur de Google? »
    http://video.google.com/videoplay?docid=7294604022161146201&hl=fr

    Clin d’œil : cette vidéo est sur Google video…

 

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