L’industrie de la musique à l’ère du digital

L’internet a complètement révolutionné l’industrie de la musique en lui offrant le mode numérique. Ce dernier représente désormais 20% du marché total selon le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) avec une progression de 3 %, (37,6 millions d’euros pour le premier semestre 2009), par conséquent les ventes de CD ont chuté de 15 à 20% en 2008 selon toujours le Snep.

Le premier coupable de la chute des ventes, désigné par l’industrie de la musique, est le téléchargement illégal, qui représente une vraie menace, étant donnée que c’est l’un des produits de substitution; l’une des cinq forces de Porter qu’on essayera de traiter. Toutefois la vente des jeux vidéo est en hausse, de plus en plus, les gens passent plus de temps à jouer qu’écouter de la musique.  

Selon le sondage mené par « SOM », une entreprise de recherches et de sondages, «  .. le téléchargement illégal de fichiers est un phénomène très répandu au Québec et les internautes ne s’en cachent pas:  un internaute québécois sur cinq (21%) dit avoir fait au moins un téléchargement illégal de contenu culturel (musique, films ou émission de télévision) depuis le début de l’année 2009 ». Une enquête obtenue auprès de 15 000 répondants européens conclut  «Le partage de fichiers peut réduire jusqu’à 30 % la probabilité d’achats de musique.»

Paradoxalement  l’Internet peut stimuler les ventes de CD, selon une analyse (Gopal, Bhattacharjee et Sanders (2006)) ; les internautes consomment du titre, il se concentre sur le “single”, sur le “hit”. Le téléchargement légal sur Internet est en hausse annuelle de 39 % (Snep, Septembre 2009),  d’où l’idée de développer une plate-forme de téléchargement musical légal, s’accentuant sur la qualité et la sécurité des chansons, pour mieux profiter de cet avantage. A l’exemple eCompil pour univesal music, Pandora, Deezer, last.fm, Spotify, iMeem, Rhapsody, WorMee, MusicMe, OurStage, …etc.

L’industrie de la musique présente également le CD comme une œuvre d’art à posséder  ou sous forme de cadeau bien emballé, à l’image du disque en vinyle, « C’est un cadeau qui fait toujours plaisir, d’ailleurs 60% des CD sont offerts. On ne peut pas offrir un téléchargement » (Pascal Nègre, président d’Universal Music France). Les acteurs de l’industrie l’on bien comprit et proposent de multitude édition limitée avec des bonus et contenus  exclusif. Bertrand Delrue (Fnac) le confirme bien  « Le consommateur est prêt à dépenser de l’argent sur la valeur ajoutée. Ces contenus sont très vite en rupture de stock. »

Certains artistes n’hésitent pas à considérer les CD comme outils de promotion pas plus pas moins et ainsi tirer profit des produits dérivés et des spectacles, « Il y a des artistes qui appliquent le modèle d’affaires voulant que le disque soit un élément promotionnel, une carte de visite, et que les spectacles, les t-shirts, le DVD du spectacle et les autres produits généreront les revenus », souligne Michel Solis, du cabinet Solis Juritech.

Je conclus par les mots de l’ingénieur-consultant en technologies collaboratives Jérémie Zimmermann. « L’industrie doit s’adapter à la demande Internet », « les industriels vendent des CD auxquels tout le monde a accès gratuitement. Il faudrait des objets d’exception », ajoute-t-il.

 

Youcef Ait Ighil

 

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1 Commentaire »

 
  • duylam says:

    Il est de bon ton de penser que le téléchargement illégal est responsable de la chute de ventes de musique. Or, je pense qu'il ne faut pas négliger le fait qu'une personne qui télécharge tel ou tel album ne l'aurait pas forcément acheté s'il n'était pas disponible sur Internet. C'est le constat que je fais dans mon entourage: avant l'apparition d'Internet et sa horde de logiciels peer to peer, peu d'entre eux achetaient des disques, et quand bien même on en achetait, on se le prêtait entre nous. La mode du téléchargement via le peer to peer n'est qu'une transposition à plus forte échelle et en numérique de notre ancien mode d'échange.

 

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