Concept de longue traîne et l’industrie du e-learning
Posted by Sabrina H. on novembre 7th, 2007
L’industrie de l’enseignement virtuel est en pleine croissance, avec de plus en plus d’universités à travers le monde offrant des cours et ressources en ligne, il est intéressant de voir si le concept de Longue traîne décrit par Chris Anderson s’applique à cette industrie, et si c’est le cas, quelle est la meilleure façon de le mesurer mais aussi de l’appliquer.
Le concept de longue traîne quoique difficilement mesurable dans cette industrie particulière est quand même existant. En effet, environs 20% des cours avec le plus haut taux d’inscriptions sont disponibles en ligne. Par contre, il existe un potentiel de 80% de cours offerts dans des universités traditionnelles, n’ayant pas la même popularité que les autres, qui ne sont pas offerts virtuellement. Ces cours n’étant pas les plus attrayants ou les plus populaires, intéressent évidemment quelques étudiants puisqu’ils sont offerts.
En tenant compte des barrières géographiques et technologiques éliminées par l’évolution de l’internet, nous pouvons estimer un potentiel important d’apprenants dans le monde qui souhaitent pouvoir s’inscrire à ces cours virtuels si ces derniers étaient offerts. Le concept de longue traine pourrait donc être mesuré à l’aide de cours ou sujets qui ne sont pas encore disponibles où qui ne sont pas encore mis de l’avant par les universités par rapport aux étudiants qui y seraient intéressés (ex : mesure par un nombre d’inscriptions potentielles).
Comment accroître cet effet de longue traine:
1-Démocratisation de la distribution :
Une des forces principales de la longue traîne est la démocratisation de la distribution, en effet l’accès à l’information sur l’internet est primordial pour tout étudiant et enseignant voulant participer à cette industrie. À l’aide des technologies Web 2.0 et ses différentes ressources, les barrières entourant ces dernières s’éliminent une à la suite de l’autre, permettant à l’usager de profiter de ces ressources que ce soit par l’acquisition plus libre d’information, mais aussi par la facilité de distribution qu’offrent ces nouvelles technologies. Ces outils, comme par exemple le réseautage social, permettent d’offrir à un étudiant ce qu’il aurait du recevoir traditionnellement dans une salle de cours, mais d’une manière plus rapide et structurée.
2-Démocratisation de la production :
Auparavant, plusieurs universités à travers le monde utilisaient un modèle d’enseignement classique et semblable. Aujourd’hui, avec la virtualisation graduelle des cours, les universités et leurs enseignants ont la possibilité de transmettre leurs façons de faire, et informations à l’aide du web. Ceci permet donc un accès beaucoup plus rapide aux différentes méthodes d’apprentissages. Puisque l’internet permet d’éliminer les barrières géographiques, un nombre beaucoup plus important d’utilisateurs pourront faire usage de ces méthodes.
3-Lier l’offre et la demande :
Finalement, afin de pouvoir accéder au 80% du potentiel de l’industrie d’éducation virtuelle non ou peu exploité, il faudrait pouvoir lier les ressources disponibles (contenu, médias, usagers) avec les objectifs spécifiques de l’apprenant. Dans ce cas-ci, les ressources filtrant l’information, les sites de réseautage social ou de recommandation sont des exemples d’outils permettant de rapprocher l’offre aux demandeurs et vice-versa.
Coût vs Qualité :
Les cours populaires offerts en ligne, permettent une économie de coûts pour étudiants, enseignants et bien-sûr pour les universités. Ces épargnes seront-elles aussi valables pour la virtualisation des cours spécialisé? Pour que cette étape soit profitable, il est primordial de trouver un moyen d’offrir ces cours spécialisés avec la même qualité qui est offerte traditionnellement aux étudiants, tout en gardant les coûts aussi minimes que possibles. Ceci pourrait être une grande limite pour l’industrie de l’enseignement, mais profitable si les trois facteurs suivants s’appliquent :
1-Hausse dans les cours spécialisés en ligne
2-Hausse de la demande pour l’éducation supérieure
3-Efforts continu par les diverses institutions traditionnelles et non-traditionnelles pour améliorer la qualité et la distribution de l’éducation en ligne
En conclusion, l’industrie de l’enseignement virtuel pourrait bénéficier grandement du concept de longue traîne, si ce dernier y est bien appliqué. Bien que la croissance des profits est souhaitable, il ne faut mettre la qualité des cours offerts au deuxième rang. Le défi est simple, les universités pourront-elle offrir un enseignement du même grade en ligne que sur les bancs de l’école?
(1) Chris Anderson, “La Longue Traîne”, http://www.internetactu.net/?p=5911
(2) http://barbarakieslinger.zsi.at/index.php/2007/09/12/the-long-tail-of-education/
(3) http://insidehighered.com/views/2005/05/27/fisher
(4) http://thelongtail.com







