La Mesure de l’économie numérique ?
Posted by Ahd on octobre 15th, 2007
Intérêt ? Enjeux ? But ? …Pourquoi mesurer l’économie numérique ?
Il s’agit tout simplement de mesurer la propension du savoir, de notre savoir à générer de la richesse au sein de la société.
Comme préconisait Karl Marx, la mesure de la portion du travail W dans le produit final permet de mesurer avec plus grande justesse le ‘’salaire’’ mérité, ceci après la 1ère révolution industrielle.
Quant est-il alors avec l’avènement des nouvelles technologies comme réel moteur de la croissance mondiale ?
Nous pouvons dire que la démocratisation d’internet constitue une véritable révolution culturelle et même industrielle car cette innovation majeure a permis de redéfinir le paysage industriel. Cet outil qui a été vu comme une véritable machine pouvant conduire à un Eldorado rapide nous a aussi appris que mieux vaut être expert et bien informé, pour survivre dans la nouvelle économie…l’éclatement de la bulle des Dot.Com en est le témoin le plus absurde.
La présence de plus en plus importante des nouvelles technologies, non seulement dans les processus de production, les processus d’affaires, les produits plus ou moins numériques (CD, DVD, etc) ou totalement intangibles (Mp3) ont révolutionné la chaine de valeur classique ainsi que les forces concurrentielles (les 5 forces de Porter), devenus transnationales.
En effet, l’économie numérique n’est pas un secteur en soi puisqu’elle traverse tous les processus de la Chaîne de Valeur : elle peut faire partie de l’approvisionnement (SCM), de la vente et marketing (CRM), etc.
L’économie numérique est à la fois Produit et Média, ce qui rend la tâche plus complexe.
À présent, les entreprises hébergent leur service à la clientèle en Australie, produisent en Chine, pour vendre au Canada.
Cependant, s’il suffisait de mesurer la quantité de travail w et de capital k et la production totale de biens dans l’économie post-révolution industrielle, pour mesurer la croissance et la productivité, maintenant, il est très difficile de définir des notions empiriques pour arriver à un résultat semblables pour la nouvelle économie.
En effet, il n’y a pas encore de définitions globales de l’économie numérique faisant l’unanimité au sein des pays , ne serait-ce que pour les pays du G8, il n’y a que des tentatives de nomenclature…et encore les groupes d’études sur la question sont récents.
Donc s’il n’y a pas de définition ou plutôt de ‘’frontières’’ de définitions, alors il ne peut pas y avoir de chiffres exacts, ni au niveau macro-économiques ni au niveau micro-économique.
Et s’il n’y a pas de chiffres exacts, classifiés par secteur, par industrie, alors comment connaître l’impact de cette économie sur les entreprises de différents secteurs ?
Et comment créer plus de richesses, au sein des nations.
À mon sens, telle est la réelle problématique qui répond à la question du Pourquoi mesurer l’économie numérique.
Il n’existe que des tentatives de définition scientifique. C’est également ce que confirme le comité consultatif du gouvernement canadien :
« La notion de nouvelle économie est difficile à définir et on ne s’entend pas encore sur ce en quoi elle consiste vraiment » (Conseil de recherchesen sciences naturelles et en génie du Canada, 1998).
Selon l’OMC : « toute analyse quantitative du commerce électronique doit être relativisée
en raison de certains problèmes de définitions et d’un manque dedonnées » (OMC, 1998).
Les enjeux ?
Nécessité d’avoir des données statistiques fiables et précises, bien délimitées qui serviront de tableaux de bord pour mener à bien le navire de cette économie du savoir
L’apparition de nouveaux modèles d’affaires : l’arrivée d’Internet provoque l’apparition de nouveaux modèles d’affaires ainsi qu’un nouveau type d’interactions avec les entités externes. D’une industrie à l’autre, les nouveaux modèles d’affaires font disparaître peu à peu les anciens modèles et même les remplacent. La compréhension des modèles d’affaires en commerce électronique nous permet de mieux appréhender ce qui se passe autour de nous et que l’adoption de cette nouvelle méthode peut permettre d’accroître sa compétitivité sur les marchés mondiaux.
Industrie secondaire, tertiaire et ….numérique : transfert graduel de l’économie du secteur secondaire, vers les industries du secteur tertiaire et en particulier l’émergence d’une nouvelle transition de l’économie des services vers de nouvelles industries comme celle du commerce électronique ou du multimédia. (StatCan, 2000).
la nouvelle économie englobe à la fois la mondialisation et l’informatisation de tous les processus de production et moyens d’échanges. Il s’agit d’une transformation fondamentale qui est en train de révolutionner la façon dont nous travaillons et dont nous faisons des affaires, sur les marchés aussi bien nationaux qu’internationaux (Lee,1995)
Accroissement du commerce électronique : octobre 2004, 12,9 % des adultes québécois ont effectué, au cours du mois précédent, un achat en ligne ET janvier 2004, 30,5 % des adultes québécois s’adonnaient à ce type de magasinage, un sommet jamais égalé….nouvelles façons d’acheter.
Pour qui ?
Les gouvernements : se doivent de mesurer le phénomène pour mieux en saisir les tenants et aboutissants et l’élaboration de politiques adaptées afin de mieux réguler l’économie, accroître le PIB de leurs pays tout en contrôlant les risques de crises majeures, telles qu’en 2000, les marchés financiers ont été ébranlés et les banques centrales ont dû intervenir pour évier de l’inflation et une crise du secteur de l’investissement à risque.
- Mesurer les données macro-économiques
- Promouvoir l’économie numérique comme vitrine de la
Compétitivité des industries de son pays (Cité du
Commerce Électronique à Montréal.
- Contrôler les risques et les chocs cycliques.
Les entreprises : Il importe de mentionner que le commerce électronique « interentreprises » (B2B) domine nettement et représente actuellement 80 % des activités recensées (Forrester Research, 1999).
- mesurer pour saisir les nouvelles opportunités de prospérer avec de nouveaux modèles d’affaires, les nouveaux marchés (% de croissance d’un secteur, ex : l’industrie des agences de voyages sur internet), les nouveaux processus de production (SCM) ou les nouveaux processus d’affaires (E-payment).
- mesurer pour optimiser sa Chaîne de Valeur en intégrant les facteurs clés de succès de la nouvelle économie.
- Mesurer pour mieux prospecter ses clients
- Mesurer comme outil de gestion du risque.
La communauté du savoir : Universités et Étudiants
Le moteur de la nouvelle économie, ce sont les innovations et les universités devraient être à l’avant-garde de la recherche. La connaissance de ce secteur, par une meilleure classification et une meilleure mesure permettrait de créer un ‘’Centre de Recherche ET Développement’’ à un niveau macro-économique et même internationale. Les dernières innovations proviendraient, idéalement, de ces centres de connaissances, tel un ‘’Sillycon Valley’’ à l’échelle planétaire.
Mais comment mesurer cette économie numérique efficacement ?
Il faudrait d’abord définir un cadre de règles, précédant le choix de l’indice de mesure et ensuite procéder à la mesure selon une méthodologie que l’on va voir.
1) Les règles et critères :
- Quelle est la définition utilisée (indicateurs) et ses limites ?
- Quelle est la périodicité de l’étude?
- Qui est à la source de l’information (un acteur public ou privé? Gouvernemental ou universitaire?)
- Cet acteur a-t il un intérêt à montrer des chiffres élevés? Est-il objectif?
- S’agit-il d’une prévision (futur) ou d’un chiffre réel (passé)?
- Quelle est la méthodologie (taille de l’échantillon)? (Source : Cours HEC_Économie numérique, Lionel Pardin - M.Sc. Sylvain Amoros - M. Sc).
2) Méthodologies : Comment mesure-t-on ?
1. Identifier une entreprise (Unité légale)
2. Localiser (territoire)
3. Définir l’unité de mesure (C.A, nbre employés, nouvelle unité ?)
4. Classer l’unité selon son activité NACE (produits, services)
5. Collecter les données
———————————————————————–MESURER !
( Source : l’étude Mesurer l’économie Internet au Québec, Une étude exploratoire, HEC Montréal).
Quelques références sur Internet :
http://cism.bus.utexas.edu/works/articles/internet_economy.pdf
http://www.hec.ca/sites/cours/30-870-01/Definitions_cours_ecom_num.pdf
www.internetindicators.com
http://com-e.ic.gc.ca/francais/recherche/rap/








octobre 17th, 2007 at 21:44
Pourquoi mesure-t-on ?
Que l’on prenne la question sous tous ses angles, ou que l’on considère l’univers virtuel comme incomparable et intangible, la mesure, quelle qu’elle soit, ne sert qu’un but : la prévision. C’est là l’unique raison d’être de la mesure, connaître pour mieux contrôler ; mesurer le passé afin d’anticiper le futur. Le passé nous l’a déjà prouvé, l’économie numérique est difficile à cerner, - bien que plusieurs vous diront que l’explosion de la bulle Internet dans les années 2000 était inévitable dû aux incommensurables investissements de grandes entreprises dans ce marché sans qu’aucune étude sur le rendement sur investissement ne soit menée, - il n’en reste pas moins que cet exemple prouve bien l’intérêt de la mesure. Sans mesure, donc sans réelle connaissance du marché, tant dans son ensemble qu’à l’intérieur de ses ramifications, les décisions critiques ne se prenaient que par l’instinct des décideurs. Une bonne mesure sur le rendement aurait permis aux responsables de prévoir ce crash et donc de redresser la situation si possible, ou d’en adoucir les conséquences.
Là où le marché numérique se distingue des autres marchés, c’est dans la difficulté de sa mesure. Il est d’abord assez difficile de connaître une mesure si les principaux intervenants ne sont pas en accord sur la définition même de l’économie numérique. C’est là toute la problématique : une mesure d’un domaine indistinct peut-elle offrir des données exploitables ?
Il existe néanmoins des outils de plus en plus performants et fiables pour obtenir des données pertinentes. Notons http://www.quantcast.com, un site à consultation gratuite qui permet de connaître la popularité de plus de 20 millions de sites. Aussi http://www.compete.com qui permet d’obtenir des données fiables sur un marché précis. Plusieurs autres outils sont encore disponibles (www.Alexa.com , http://www.Compete.com, http://www.Hitwise.com, http://www.Comscore.com et http://www.Nielsen-netratings.com ).
Ces outils, en croissance constante, par leur nombre et leur perfectionnement, sont le reflet de l’importance de la mesure de l’économie numérique, mais également de son évolution. La mesure doit fournir des données exploitables. John Haltiwanger et Ron S. Jarmin, incontournables penseurs de ce questionnement, définissent plusieurs critères pour mesurer l’économie numérique (www.technology.gov/digeconomy/powerpoint/haltiwan/sld001.htm) :
• Quantifier l’infrastructure des technologies de l’information
• Quantifier le commerce électronique
• Quantifier le changement des processus de production
• Quantifier le changement de la structure des marchés et des firmes
• Quantifier le changement des processus de distribution
• Quantifier l’impact sur les travailleurs et leurs milieux
On peut donc en déduire que pour mesurer efficacement l’économie numérique, pour en accroître sa précision, il faut quantifier. Et pour quantifier, il faut mesurer. Voilà toute l’importance de la mesure, son but. Plus la mesure sera fiable, précise et donc pertinente, plus elle aura de l’importance sur l’évolution de l’économie numérique. L’évolution de la mesure est intrinsèque à sa pratique ; plus on mesure, plus la mesure est pertinente et donc exploitable et plus la mesure a d’importance.