Microsoft – Yahoo – Google : La guerre des alliances et l’offre ultime

La plupart des analystes estimaient que Yahoo n’aurait d’autre choix que de se vendre à Microsoft qui lui faisait une offre d’acquisition de 47,5 milliards de dollars. Au moment de l’offre, le prix d’achat d’actions de Yahoo était faible avoisinant son niveau d’il y a quatre ans, et ses bénéfices en chute libre depuis la fin de 2006. Quand il a été annoncé, l’offre de Microsoft était de 62% supérieurs à la valeur boursière de Yahoo – une offre qui selon les analystes aucun autre prétendant ne sera en mesure de surpasser.

La coalition aurait environ 16% du marché mondial de recherche sur Internet – encore loin derrière Google avec 62% des parts, selon ComScore Media Metrix. En outre, Microsoft et Yahoo sont déjà beaucoup avancés dans l’e-mail et messagerie instantanée, et seraient dans une meilleure position pour rivaliser dans les services si l’union voit le jour.

La réaction critique et publique de Google ne se fait pas longtemps attendre. L’opposition de Google à la coalition Microsoft – Yahoo n’est pas une surprise. Ceci étant donné que Microsoft voit en Yahoo une arme cruciale dans sa bataille pour gagner du terrain sur Google dans le domaine de la recherche sur Internet en plein essor et le marché de la publicité.

L’offre hostile de Microsoft à Yahoo soulève d’autres questions sur le plan juridique. Si Yahoo accepte l’offre, les régulateurs antitrust tant aux États-Unis qu’en Europe sont attendus pour commencer un examen exhaustif. Microsoft estime obtenir les approbations nécessaires à la réalisation de son projet d’acquisition qu’il qualifie d’aubaine pour les annonceurs et les consommateurs, car les deux entreprises seraient en mesure de concurrencer Google avec plus d’efficacité.

Mais Google voit une image nettement différente. Elle affirme que Microsoft sera en mesure d’étouffer l’innovation et profiter de Windows – son système d’exploitation dominant pour configurer des ordinateurs personnels. Ainsi, les consommateurs seront automatiquement orientés vers ses services en ligne, tels que l’e-mail et la messagerie instantanée.

Google exhorte les autorités de réglementation antitrust à porter un regard dur au projet de mariage entre ses deux rivaux et tente de mobiliser suffisamment d’alarmes contre l’union Microsoft – Yahoo afin de retarder son approbation tant et aussi longtemps que possible. Ce faisant, Google aurait plus de temps à élaborer des plans pour lutter contre la coalition.

Google entre dans le jeu. Il propose à Yahoo son aide pour repousser l’offre de Microsoft en échange d’un partenariat publicitaire.

En forgeant ce partenariat, Google a permis à Yahoo d’échapper à Microsoft, qui a retiré son offre après que le CEO de Yahoo Jerry Yang ait demandé 37 $ US par action  au lieu des 33 $

Pour faire valoir son point, Google souligne la façon dont Microsoft a déjà utilisé Windows pour étendre la portée de son navigateur Web Explorer et d’autres applications. Une stratégie qui a déclenché une poursuite judiciaire alléguant le fabricant de logiciels d’utiliser illégalement  son système d’exploitation pour étouffer la concurrence. La dispute s’est terminée par un règlement  qui a imposé à Microsoft d’abandonner certaines de ses pratiques passées.

C’est au tour de Microsoft de jouer le jeu de la contre-attaque. Il s’associe à un groupe important d’annonceurs arguant que Google va gagner trop de pouvoir de tarification par son lien avec Yahoo et contrôler plus de 80 pour cent du marché américain en pleine croissance de la publicité liée aux recherches Internet.

Yahoo a maintenant désespérément besoin du partenariat de Google pour éviter de nouveaux remue-ménages au sein des actionnaires déjà bouleversés par la décision de rejeter l’offre de rachat de Microsoft de 47,5 milliards $ US, soit 33 $ US l’action.

Yahoo croit pouvoir accroître ses revenus annuels d’environ 800 millions de dollars US en s’appuyant sur la puissante technologie de Google. Google n’a pas dit combien elle s’attend à tirer de l’opération, mais seulement qu’elle ne pense pas en tirer plus profit que Yahoo.

Le cofondateur de Google Sergey Brin indique que Google se sentait obligé d’aider Yahoo parce que ses cofondateurs, Jerry Yang et David Filo, ont joué un rôle déterminant à persuader Brin et son partenaire, Larry Page, à lancer Google il y a 10 ans.

Les cartes sont jouées et le jeu semble être clos pour une différence de 4$ l’action et des ententes à caractères quelque peu amicales. Néanmoins, les autorités antitrust prennent un regard critique sur ce partenariat et continuent  d’examiner les preuves dans cette affaire avec plus d’expertise.

http://www.cbc.ca/technology/story/2008/10/31/tech-google.html?

http://www.cbc.ca/technology/story/2008/10/31/tech-google.html

http://www.cbc.ca/technology/story/2009/08/18/bing-search-market-comscore-google-yahoo.html

http://www.cbc.ca/news/story/2008/07/15/tech-yahoo.html

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