Musique 2.0: Mutation des canaux de distribution et de la promotion

L’industrie musicale, à travers ses différentes évolutions, a été longuement contrôlée par les majors qui décidaient de la pluie et du beau temps. Toutefois, la révolution numérique apportée par internet et la dématérialisation des supports musicaux ont permis l’apparition de nouveaux acteurs et l’effondrement du contrôle qu’exerçaient ces cartels non seulement sur les canaux de distribution, mais aussi sur le secteur de la promotion dans l’industrie musicale.       

                Prenons, tout d’abord, les canaux de distribution. Il est clair que les grandes entreprises de production étaient les seules à disposer de matériel permettant l’enregistrement et la mise en support de la musique pour en faire la distribution par la suite et s’approprier une grande partie des profits. Mais, avec l’émergence d’internet d’une part, et la vulgarisation des logiciels d’édition musicale ainsi que le développement des maisons-studios d’autre part, les artistes ont pris les choses en main et sont devenus beaucoup plus autonomes en étant capables de distribuer leurs musiques et de la partager à travers des sites communautaires tels que Youtube et Dailymotion. Ce changement dans les manières de faire a permis aux artistes de se libérer des barrières qu’avaient dressées les majors et de contourner les circuits traditionnels.

            Passons maintenant au secteur de la promotion dans l’industrie musicale qui a vu une transformation encore plus fulgurante avec la démystification qu’a connue internet. Il est évident qu’avant l’émergence du numérique, la télévision et la radio représentaient les médias de masse qui permettaient la promotion des artistes par l’intermédiaire des maisons de disques. Ceci a été bouleversé avec l’apparition de nouvelles stratégies de promotion notamment les réseaux communautaires. Il est évident que les internautes qui utilisent ces réseaux jouent un rôle prépondérant dans la promotion de chaque artiste. En effet, ces internautes deviennent des prescripteurs et permettent la création d’un buzz autour d’un artiste ou d’un morceau qu’ils apprécient et le font découvrir grâce à l’aspect viral d’Internet. Ce buzz se fait très rapidement et touche une audience très large dans des délais très courts. La plupart des fois, cela se fait à travers la publication de l’œuvre dans des réseaux sociaux comme Facebook ou Youtube ou à travers des posts dans les forums d’opinion où chaque internaute partage son avis. Nous pouvons donner l’exemple d’un clip du rappeur Kamini qui a connu une forte popularité sur le net en quelques jours[1]. Il se retrouve alors projeté sur le devant de la scène et apparaît dans de nombreuses émissions de télévision. Cette visibilité et la promotion dont il a bénéficié auraient coûté des centaines de milliers d’euros à la maison de disques avec qui il a par la suite signé. Cet exemple illustre la puissance des outils communautaires qui offrent aux artistes un fabuleux outil de promotion et remettent en cause la domination des Majors dans ce domaine.

            Dans un autre contexte, ces réseaux sociaux représentent, pour les artistes, un moyen efficace de rétroaction à travers les différents avis publiés par les internautes. En effet, cela leur permet de sonder leur audience et par conséquent d’établir un prix pour les morceaux dépendamment du succès rencontré.

rétroaction des internautes

rétroaction des internautes

 


Références :

[1] http://www.benoitcatherineau.info/2006/09/28/kamini-marly-gomont/

https://www.cirrelt.ca/cda/IndustrieMusique/

http://www.vive-laculturenumerique.org/share/myfile/musique%20en%20ligne.pdf

les effets des technologies numériques sur l’industrie de la musique, ISBN : 0662774396

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