Quand le gouvernement français vient au secours de la presse en ligne
En France, les choses bougent enfin du côté des éditeurs en ligne. Depuis la loi Hadopi 1 du 12 juin 2009, les éditeurs en ligne ont gagné un statut et ce, depuis la présentation du livre vert, issu des Etats généraux de la presse de janvier 2009, à l’initiative du Président de la République, Nicolas Sarkozy, afin de traiter de l’industrie de la presse, des difficultés économiques actuelles engendrées par la crise (voir les billets relatifs à ce sujet), et d’apporter des solutions concrètes.
Attribuer un statut à part entière à la presse en ligne signifie concrètement « reconnaître les services de presse en ligne au même titre que ceux, déjà existants, des services de presse papier». Ainsi, munis de ce statut, les éditeurs de presse sur Internet peuvent désormais prétendre à des aides et des subventions de la part de l’Etat, ce que les « pure players » tels que Rue 89, Mediapart, Bakchich revendiquaient depuis un moment.
Leur souhait a été exaucé. Des fonds de 20 millions d’euros sur une période de 3 ans ont été levés pour sauver une industrie à la dérive financièrement. Il s’agit d’une aide destinée à faciliter les « dépenses d’investissements et d’équipements des éditeurs ».
Bruno Patino, un des quatre professionnels présidant le pôle de réflexion sur le numérique et, accessoirement, directeur général de France Culture et ancien vice-président du directoire du Groupe Le Monde, a pour projet de baisser la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) sur la presse en ligne et d’aligner le taux actuel (19,6%) sur celui des éditeurs de la presse papier (2,1%). Une difficulté subsiste de ce côté-là, à savoir convaincre les «partenaires européens que la presse en ligne offre un service très proche de celui du papier. » Or, on sait que le journalisme en ligne est souvent décrié , les équipes de la presse en ligne étant séparés physiquement des équipes de presse dite « traditionnelle. » Les conditions de travail ne sont pas les mêmes, (certains n’hésitent pas à parler de « forçats de l’info ») et le rythme particulier de l’information en flux continu ne permet malheureusement pas aux e-journalistes de parfaire leurs papiers, qui sont souvent des copiers-collers de dépêches d’agence, sans prendre malheureusement le temps de vérifier l’information, donnant lieu à des erreurs parfois grossières. Heureusement, avec la magie de l’Internet, celles-ci peuvent être modifiables rapidement, contrairement aux tirages papiers.
Entre autres mesures, nous avons deux mesures d’urgence qui ont été appliquées dès le mois de février : « report d’un an des augmentations tarifaires postales – coût pour l’État de 25,5 millions – et augmentation de 20 à 36 millions d’euros des dépenses publicitaires institutionnelles de l’État. ».
Toutes ces mesures n’ont qu’une portée à court terme, l’essentiel étant ailleurs : la reconquête du lectorat, une question aux allures de casse-tête pour nos éditeurs. Une mesure a été lancée dans ce sens avec la possibilité pour tout jeune âgé de 8 à 24 ans de bénéficier d’un abonnement hebdomadaire gratuit au quotidien de son choix pour une durée d’un an. Stratégie qui consiste à créer un besoin, pour aboutir à un « manque », monétisable, et c’est bien là que les éditeurs ont une chance d’accrocher des lecteurs de plus en plus volatils et volages à l’ère du numérique.
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http://www.ddm.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=175
http://www.lefigaro.fr/medias/2009/11/03/04002-20091103ARTFIG00021-les-sites-web-de-presse-gagnent-enfin-un-statut-.php
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/05/25/les-forcats-de-l-info_1197692_3236.html
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