Théorie des jeux et dilemme des FAI

La bataille menée par les différents fournisseurs d’accès à Internet est un exemple classique de ce que la théorie des jeux et plus particulièrement le dilemme du prisonnier peut permettre d’analyser.

En effet, prenons l’exemple de deux sociétés concurrentes sur le marché des fai. Ces dernières étant les seules à offrir ce type de service, elles forment ainsi un duopole. Dans une telle situation, les alternatives sont les suivantes :

La première est nommée attitude coopérative. Celle-ci implique que les deux parties prenantes décident de s’entendre dans leur politique de concurrence. Ils peuvent par exemple pratiquer les mêmes prix élevés, favorisant ainsi leur profit.

La deuxième implique que chaque duopoleur décide de lancer une ‘’attaque’’ de type concurrentiel sur l’autre, le but étant d’augmenter de manière significative son propre profit. Ce cataclysme provoqué par en général l’un des deux concurrents, se nomme attitude non coopérative.

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L’exemple repris ici correspond aux balbutiements d’internet avec Cegetel et France Telecom, même si ce dernier détenait son propre réseau et que les concurrents se devaient de passer par celui-ci.

Ainsi nous utiliserons des indices monétaires (im) pour illustrer notre exemple.
Si les deux entreprises décident de coopérer, alors les deux se voient attribuer 50 im. Si elles décident de jouer de manière totalement individuelle, alors on entre en mode de non coopération et les profits de chacun ne s’élèvent qu’à 30 im. Si l’un coopère et que l’autre en décide autrement il en ressort alors que celle d’origine non coopérative gagne 100 im alors que l’autre n’empoche rien.

Enfin si une atmosphère de doute plane au dessus des deux concurrents et que la confiance est quasi inexistante alors on la nomme aussi de nature non coopérative. Ici, les gains amassés par les deux concurrents sont de 30-30 et non 50-50, l’équilibre de Nash est ainsi appliqué.

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Aujourd’hui le paysage des fournisseurs d’accès internet en France a totalement changé. Et malgré un univers hostile, France Telecom (Orange) reste leader avec une part de marché de presque 50%. SFR, quant à lui, regroupe entre autre les clients Cegetel, et possède plus de 30% des parts de marché. Il est intéressant de voir à quel point la décision de certains fai au départ de l’internet leur a été fatale, en effet ceux ayant choisi de ne pas coopérer ont ainsi sombré. Aujourd’hui que tout se stabilise et que seuls les gros joueurs restent dans la compétition, nous noterons que l’ambiance est à la coopération après une phase dense de bagarre des prix. L’internet haut débit connaît une période de ralentissement en France, qui durera certainement jusqu’à la généralisation de la fibre optique. Cette période de stagnation permet aux entreprises de stabiliser leur marché et via une attitude coopérative, maximiser leur profit.

Sources:

Principes d’économie politique par Arnold Heertje,Patrice Pieretti,Philippe Barthélémy

fr.wikipedia.org

www.iconomix.ch

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